La terre a (un peu) tremblé dimanche en Moravie-Silésie

La terre a tremblé en Moravie-Silésie, photo: ČT

La terre a tremblé dimanche tôt dans la matinée en Moravie-Silésie. C’était un séisme de très faible intensité – les sismographes ont relevé une magnitude de 3,5 sur l’échelle de Richter -, et personne n’a été blessé. C’est tout de même un événement remarquable dans un pays où les tremblements de terre sont très rares.

La terre a tremblé en Moravie-Silésie, photo: ČT
Tout semble paisible en Moravie-Silésie ce matin-là. Dans le lointain, il ne se passe rien, du moins il semble. Tout à coup, aux alentours de 4h, la terre tremble entre Ostrava et Opava, au nord-est de la Tchéquie. De nombreux habitants sont réveillés, comme le raconte Jan Zedník, de l'Institut géophysique de l'Académie des sciences de République tchèque :

« On nous a rapporté l’événement à près de cent reprises. Les gens décrivent avoir été réveillés par le balancement de leur lit, par des craquements au niveau de la charpente de leur maison, par le tremblement de leur argenterie, par le balancement de leurs lampes. »

Les sismologues ont identifié l’épicentre du séisme sur le territoire de la municipalité de Hlučín, au nord d’Ostrava, à une profondeur d’environ douze kilomètres. Il n’y a aucun dégât grave à relever mais les pompiers ont tout de même été sollicités une vingtaine de fois pour des incidents mineurs en lien avec la secousse. Elle a été ressentie dans un rayon de quelques dizaines de kilomètres. Jan Zedník :

« Le séisme a été ressenti sur une large zone depuis Opava jusqu’à la ville de Třinec, du nord de la région jusqu’aux communes de Fulnek et de Příbor au sud. Les tremblements de terre importants sont très rares au nord de la Moravie. Normalement, ce type de séismes survient plutôt à l’ouest de la Bohême. »

Confortablement située au cœur de la plaque eurasiatique, la Tchéquie n’est pas réellement soumise au risque sismique. Il n’empêche, la région centre-européenne peut malgré tout connaître des tremblements de terre de modeste amplitude. Aleš Špičák, lui aussi membre de l'Institut géophysique de l'Académie des sciences, raconte :

« Ils naissent de tensions dans la croûte terrestre qu’on retrouve sur tout le territoire centre-européen. Ces tensions ne sont cependant pas suffisantes pour causer un séisme. Dans la région d’Ostrava et partout sur les terres de Silésie, s’ajoutent à cela les tensions dans la croûte terrestre nées de l’activité humaine intense liée à l’extraction du charbon. »

Jan Zedník, photo: ČT
En Moravie-Silésie, région qui concentre avec le nord de la Bohême les industries minières les plus importantes du pays, le sous-sol a largement été impacté par l’activité humaine. Et si des secousses sont quelques fois ressenties sur ce territoire, c’est le plus souvent en raison de cette activité. Jan Zedník :

« Au début, on a cru qu’il s’agissait d’une violente secousse dans le puits d’une mine. De telles secousses surviennent relativement souvent dans la région, même de cette amplitude. Mais c’était bien un tremblement de terre naturel, qui n’a été ni précédé, ni suivi d’une autre activité sismique. »

Les habitants de Moravie-Silésie peuvent donc dormir tranquille. Ils auront désormais une belle histoire à raconter à leurs petits-enfants : le jour où ils ont été réveillés par un tremblement de terre.