La vice-présidente de Taïwan victime d’un harcèlement chinois à Prague

Miloš Vystrčil et Hsiao Bi-khim

C’était une opération digne d’un film d’espionnage : selon les informations révélées par les médias tchèques et confirmés récemment par le service de renseignement militaire, le personnel de l’ambassade de Chine à Prague a tenté d’intimider la vice-présidente taïwanaise Hsiao Bi-khim lors de sa visite dans la capitale tchèque.

Les faits remontent à mars 2024, lorsque la femme politique est arrivée à Prague pour une visite de trois jours, sa première visite à l’étranger après sa victoire, quelques semaines plus tôt, à l’élection présidentielle de Taïwan en tant que colistière du nouveau président Lai Ching-te. Tout comme lui, la vice-présidente Hsiao Bi-khim défend la souveraineté de Taïwan, rejetée fermement par la Chine qui considère l’île comme l’une de ses provinces.

À Prague, Hsiao Bi-khim a été reçue par le président du Sénat Miloš Vystrčil, qui s’était lui-même rendu à Taïwan, de même que plusieurs autres responsables politiques tchèques, pour exprimer son soutien au pays. Des visites qui ont suscité la colère des autorités de Pékin, de même que celle de la vice-présidente Hsiao Bi-khim dans la capitale tchèque. La politicienne a été la cible d’une opération de renseignement organisée par l’ambassade de Chine à Prague. Celle-ci a commencé avant même son arrivée dans la capitale, le 18 mars 2024 :

Le renseignement militaire tchèque

« L’objectif était de suivre la vice-présidente, voire de la mettre en danger, d’obtenir des informations sur son agenda et d’essayer de documenter ses rencontres avec des représentants de la scène politique tchèque et de la vie publique », a expliqué le porte-parole du service de renseignement militaire tchèque au site iROZHLAS.cz.

Peu après le séjour de Hsiao Bi-khim en Tchéquie, le site d’information Seznam Zprávy a été le premier à informer d’un grave incident survenu lors de sa visite à un carrefour du centre de Prague : en suivant le cortège de la vice-présidente taïwanaise, un employé de la section militaire de l’ambassade de Chine n’a pas respecté le feu rouge et a failli provoquer un accident.

Suite à l’incident, le ministère tchèque des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur de Chine à Prague, sans adopter de mesures de rétorsion, telle que l’extradition de diplomates chinois impliqués dans l’opération.

Selon le président du Sénat Miloš Vystrčil, « en tant que pays souverain »  la République tchèque devrait toutefois réagir au « comportement inacceptable » de la partie chinoise. « Nous devrions réaliser que nous vivons dans un monde beaucoup plus dangereux qu’auparavant », a aussi remarqué le chef de la Chambre haute du Parlement.