L'agresseur du rédacteur en chef de Respekt condamné à deux ans et demi de prison

Tomas Nemecek (Photo : CTK)

Ce lundi, l'homme qui avait violemment agressé Tomas Nemecek, rédacteur en chef de l'hebdomadaire politique Respekt, en janvier dernier, a été condamné à 30 mois de prison. Le procès n'est cependant pas parvenu à dévoiler les raisons exactes de l'agression du journaliste.

Tomas Nemecek (Photo : CTK)
Une semaine d'hôpital, de nombreuses blessures au visage, des contusions cérébrales et des saignements au niveau de la rate, telles étaient les conséquences de l'attaque dont avait été victime Tomas Nemecek, le rédacteur en chef de l'hebdomadaire Respekt. De toute évidence, attendu devant chez lui alors qu'il allait chercher son petit déjeuner, deux hommes âgés entre 20 et 25 ans l'avaient violemment battu après l'avoir aspergé de gaz lacrymogène. Un an après les faits, Frantisek Ctrnacty est le seul des deux agresseurs a avoir été retrouvé et jugé. Le jeune homme de 25 ans avait été interpellé en février dernier, après avoir été reconnu par une voisine du journaliste et que ce dernier l'ait désigné parmi huit autres suspects, tout en admettant qu'il n'en était pas totalement certain. L'alibi avancé par la défense n'a en tout cas pas convaincu, dans la mesure où c'est la famille même de l'accusé qui a témoigné en sa faveur, précisant qu'au moment des faits, il dormait à la maison.

Le tribunal n'est cependant pas parvenu à faire la lumière sur le mobile exact de l'agression. A cet égard, Tomas Nemecek pouvait s'estimer insatisfait au sortir du procès. Dès après l'attaque, les soupçons, tant de Tomas Nemecek et de sa rédaction que des autorités, avaient penché en faveur de la thèse d'une vengeance ou d'un avertissement lancé à l'encontre du journaliste et du journal dans son ensemble, pour ses enquêtes et révélations sur les actions crapuleuses de la mafia locale des villes de Most et Litvinov. Respekt est en effet un hebdomadaire tchèque de haut niveau intellectuel, qui se fait un devoir d'enquêter et de dénoncer les affaires de corruption, les liens criminels que peuvent entretenir les milieux politico-économiques, autant de thèmes qui ne plaisent pas à tout le monde dans le pays...

Reliquats du communisme et comportements mafieux semblent se donner la main pour un cocktail explosif contre la liberté de la presse : déjà en 2003, Karel Srba, ancien secrétaire au ministère des Affaires étrangères avait été condamné pour avoir commandité l'assassinat d'une journaliste de Mlada fronta dnes qui avait rédigé une série d'articles sur les origines douteuses de sa fortune. De même, Jiri Hynek, reporter de la télévision publique tchèque avait été menacé d'agression suite à un de ses reportages. La République tchèque est une démocratie, mais il n'en reste pas moins que comme partout dans le monde, être journaliste est un métier à risques, surtout lorsqu'il s'agit de journalisme d'investigation qui entend assurer sérieusement sa vocation, en informant la société de ses disfonctionnements.