Le 24 juin, les syndicalistes seront en grève de protestation contre les réformes préparées par le gouvernement

Les étudiants en médecine ont protesté devant le ministère de la Santé, photo: Hospodářské noviny, 21.5.08

Une grève mobilisant l’ensemble des 32 syndicats et leurs 540 000 membres sera déclenchée le 24 juin en République tchèque. En colère contre le paquet de réformes adopté par le gouvernement, la Confédération tchéco-morave des unions syndicales en a décidé ainsi, mardi.

Milan Štěch, photo: CTK
Les syndicats critiquent le gouvernement pour avoir adopté des réformes qui ne tiennent pas compte de leurs retombées sur la population. Après un préavis de grève lancé au mois de mars dernier, la grève déclenchée le 24 juin ira d’une heure jusqu’à une journée dans des hôpitaux. Le président de la Confédération des unions syndicales, Milan Štěch, explique que la mobilisation n’est pas dirigée contre les employeurs mais contre la politique 'arrogante' du cabinet:

« Notre objectif est de stopper et de corriger les intentions du gouvernement en ce qui concerne la réforme. Nous lui demandons de réexaminer la réforme des finances publiques, de modifier ses projets de réforme de la santé et des pensions de retraite et de mener un dialogue sérieux avec nous sur les problèmes qui concernent les impôts et le code du travail. »

Petr Nečas
Le ministre du Travail et des Affaires sociales, Petr Nečas, insiste toutefois sur la nécessité et la justesse des réformes :

« Les grèves des syndicats ont avant tout un motif politique, et je suis convaincu qu’elles ne peuvent pas empêcher le gouvernement de poursuivre le processus réformateur. »

Concernant la réforme de la santé publique, c’est plus particulièrement le projet de transformation des caisses d’assurance-maladie en sociétés par actions qui met les syndicalistes en colère. Et pas seulement eux : ce mardi, plus de 200 étudiants en médecine ont protesté devant le ministère de la Santé contre cette transformation. On écoute la porte-parole du sénat académique de la 3e faculté de médecine:

« S’il en était ainsi et si les mutuelles étaient transformées en sociétés par actions, le propriétaire majoritaire pourrait, à l’avenir, limiter les soins médicaux moins lucratifs comme c’est le cas par exemple des soins internes, et limiter, par la suite, aussi l’enseignement et les cours qui ne sont pas, bien entendu, à but lucratif. »

Outre la grève du 24 juin, la confédération des syndicats a décidé d’une série de manifestations qui auront lieu devant le siège du gouvernement au moment des réunions ministérielles. La première de cette série a eu lieu ce mercredi. Et ce n’est pas tout : le 9 juin, les enseignants seront en grève pour revendiquer une hausse des salaires. Rappelons encore que la réforme fait l’objet de l’examen de la Cour constitutionnelle, après une plainte formulée par la social-démocratie contre son caractère anticonstitutionnel. C’est le 28 mai que la cour doit prononcer son verdict relatif aux paiements de régulation chez le médecin.