Le discours du Jour de l’An du président Vaclav Klaus: satisfaction et modération

Vaclav Klaus, photo: CTK

Le discours traditionnel du Jour de l’An a permis au Président Vaclav Klaus d’évoquer les tournants de l’histoire moderne du peuple tchèque et de rappeler qu’actuellement la Tchéquie vit une période de prospérité sans précédent.

Vaclav Klaus, photo: CTK
Vaclav Klaus a rappelé d’abord les grands moments historiques qui ont marqué les années finissant par le chiffre 8 dont 1918, année de la création de la Tchécoslovaquie :

« Nous nous rappelons avec satisfaction l’année 1918, année où est née la société démocratique et libre chez nous. Il est bien qu’on puisse aussi caractériser par les mêmes paroles notre présent. »

Et Vaclav Klaus d’évoquer également les dates moins positives de notre histoire, dont 1938 qui a marqué la fin de la Première République tchécoslovaque, ainsi que 1948, année de victoire du régime communiste et de la fin de la démocratie dans le pays, et finalement 1968, année du dégel politique, le fameux Printemps de Prague, bientôt écrasé par les chars soviétiques.

Une partie du discours de Vaclav Klaus a été consacrée à l’entrée de la République tchèque dans l’espace Schengen. Le président estime que cette évolution positive apporte aussi certains risques. A son avis, il est important que les frontières s’ouvrent mais les Tchèques devraient protéger et cultiver leur identité, s’ils ne veulent pas perdre leur liberté. D’après Vaclav Klaus, malgré les problèmes existant la situation économique de la République tchèque est très bonne et continue encore de s’améliorer :

« Je souhaiterais à nous tous que l’année 2008 devienne l’année de notre activité dans les sphères personnelle et publique, dans la vie privée et dans la politique, parce que, disons le à haute voix, malgré un nombre non négligeable de problèmes individuels et politiques, nous vivons aujourd’hui probablement la meilleure période de l’histoire de notre pays. »

Selon le président, malgré la croissance économique et le bien-être général, nous ne devons pas oublier les citoyens démunis et socialement faibles et tous ceux qui ont besoin de notre aide dont les familles, les gens âgés, les sans domicile, les Roms, etc.

Au niveau des partis politiques le discours présidentiel n’a pas suscité un écho très positif. Jiri Paroubek, chef du Parti social-démocrate, formation principale de l’opposition, estime que Vaclav Klaus a prononcé ce 1er janvier un de ses plus faibles discours. Quant au président du Parti communiste Vojtech Filip, il pense que ce discours n’a pas été équilibré. Et même Jiri Cunek, chef du parti Chrétien démocrate, et Martin Bursik, président du Parti des Verts, formations qui font partie de la coalition gouvernementale, constatent que le discours présidentiel manquait de vision pour l’avenir de la République tchèque.

Les politologues cités par la presse voient dans ce discours relativement modéré le signe que Vaclav Klaus évite de froisser ceux dont il aura besoin pour son éventuelle réélection à la présidence de la République. En février prochain il se mesurera avec l’économiste tchéco-américain Jan Svejnar qui se profile d’ores et déjà comme le candidat présidentiel de l’opposition mais aussi du Parti des Verts.