Le gouvernement tchèque tente de prendre des mesures pour faire face à la sécheresse

Photo: Štěpánka Budková

Dès la fin du mois d’avril, tous les signaux étaient au rouge, avec des niveaux dans les nappes phréatiques et en surface parfois équivalents à ceux d’une fin d’été. La Tchéquie est, comme ses voisins, touchée par la sécheresse, déjà considérée comme la pire depuis un demi-millénaire. Réunis mardi en « coalition nationale pour la lutte contre la sécheresse », plusieurs ministres et experts ont annoncé des mesures visant à mieux gérer l’eau.

Photo illustrative: Štěpánka Budková
Le prochain budget public s’annonce être un véritable casse-tête à préparer. Comme si les conséquences de la pandémie ne suffisaient pas à plomber les finances publiques, il devient évident que la pénurie d’eau va être un problème beaucoup plus grave que la pénurie de main d’œuvre qui freinait encore récemment l’économie tchèque.

Le chef de l’Etat, Miloš Zeman, a en tout cas estimé dans sa dernière interview que la sécheresse était un problème encore plus important que le coronavirus pour le pays.

Du côté du ministère de l’Agriculture, on espère que le prochain budget puisse être augmenté de 2 voire 2,5 milliards de couronnes pour pouvoir investir dans des infrastructures permettant de mieux gérer les ressources en eau. Il s’agit désormais, entre autres, de racheter des terrains pour multiplier le nombre de réservoirs dans plusieurs régions. L’année dernière, le ministère indique avoir consacré 13,7 milliards de couronnes à la lutte contre la sécheresse.

Richard Brabec (à droite), photo: Site officiel du Gouvernement tchèque
Quant au ministre de l’Environnement, Richard Brabec, il a notamment annoncé vouloir rendre obligatoire le recyclage de l’eau de pluie pour tous les bâtiments neufs. La nouvelle législation prévue pourrait également permettre davantage de subventions allouées pour les toitures végétales et les constructions "vertes".

La construction de nouveaux barrages est également envisagée, pour augmenter les réserves en eau potable.

Le recteur de l’université agricole de Prague Petr Sklenička est également membre de la coalition nationale contre la sécheresse :

« Je pense que les mesures annoncées vont dans la bonne direction, néanmoins j’estime qu’elles devraient s’accélérer dans la prochaine décennie. Pour l’instant il s’agit surtout de présentation de potentiels projets comme ces réservoirs en province », estime le recteur, qui ajoute qu’il faut agir plus rapidement et augmenter le financement.

Photo illustrative: dasroofless, Flickr, CC BY-NC-ND 2.0
Les mesures annoncées par le gouvernement sont loin d’être efficaces et suffisantes, estiment pour leur part plusieurs associations et ONG, dont Hnuti Duha et la branche tchèque du mouvement Extinction Rebellion, qui estiment que ce sont moins des nouveaux barrages que des initiatives pour retenir l’eau dans les sols qui sont nécessaires aujourd’hui.

Le phénomène de sécheresse agricole touche désormais 98% du territoire de la Tchéquie, selon le collectif Intersucho qui rassembles chercheurs et experts. Ce type de sécheresse survient lorsque la faible humidité du sol, associée à la rareté de l'eau, arrête la croissance végétale, diminue les rendements et met en danger le bétail.