« Le jonglage est aussi un divertissement, pas uniquement de la technique »

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Du 12 au 15 juillet, Prague accueille la « Revue internationale des arts de la rue et le festival de jonglage ». Pour sa septième édition, c'est l'art du jonglage scandinave qui est mis à l'honneur.

Le quartier de Zizkov à Prague est pour trois jours le centre du jonglage européen. Dans le bâtiment du Sokol de Prague 3 et sous un chapiteau installé sur la colline de Vitkov convergent depuis jeudi jongleurs professionnels, débutants et amateurs, amoureux des arts de la rue, du dépassement de soi dans l'adresse. Ateliers, spectacles, scène ouverte pour tous ceux qui voudraient s'essayer au spectacle, concerts, trois jours, donc, dédiés aux diabolos, quilles, monocycles, bâtons du diable et autres matériels de jonglage enflammés.

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Si les autres années avaient été l'occasion de porter un coup de projecteur sur le « nouveau cirque » de France et les arts de rue d'Allemagne, cette année, le jonglage scandinave, assez méconnu, est mis en avant. Comme l'explique Jakub Matejka, l'organisateur de l'événement, celui-ci est le résultat d'une combinaison d'une maîtrise parfaite de la technique et de l'utilisation d'autres arts, en dehors du seul domaine du jonglage, de la manipulation d'objets de manière non traditionnelle. Qu'en est-il des styles français, allemand et tchèque ? Jakub Matejka:

« En ce qui concerne la scène de jonglage allemand, les jongleurs sont plutôt spécialisés dans la technique, la précision, la quantité de tours ou d'objets qu'ils utilisent pour jongler. Quant à la scène française, elle est beaucoup plus ludique, donne la primeur à l'inspiration et à la fusion avec différents styles des arts de la rue et du théâtre. Et la scène tchèque, elle, est très forte en diabolo, dans le jonglage avec des chaînes, la danse de feu. Elle est en fait une sorte de fusion entre le style français en passant par l'Allemagne. Elle est décontractée et très ludique. »

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Depuis quelques années, dans les parcs et sur les routes de vacances, les festivals de musique, il est vrai que l'on peut voir beaucoup de jeunes gens s'essayer à ces tours d'adresse, comme si le jonglage n'était plus le domaine réservé d'une petite communauté. Ce que confirme d'ailleurs Jakub Matejka :

« Le courant principal en jonglage n'est plus à l'heure actuelle dépendant de la transmission de traditions familiales, grâce aux clans des cirques, comme c'était le cas dans le passé. Aujourd'hui, le jonglage est plutôt devenu pour les jeunes gens, pour la jeune génération, une manière de s'exprimer et de passer son temps libre. Le principal endroit pour apprendre à jongler et transmettre son expérience, c'est justement ce type de rencontres de jongleurs au cours desquelles les gens s'enrichissent mutuellement de leurs connaissances puis chacun travaille sur son propre spectacle. »

Jakub Matejka rappelle que la qualité de base du bon jongleur est bien entendu la maîtrise de la technique. Mais entre la simple capacité de jongler et la capacité d'offrir un spectacle à part entière, la route est longue et ardue :

« On reconnaît un bon jongleur au fait que son numéro a un début et une fin, qu'il n'est pas uniquement basé sur la technique, qu'il gère les ratés, qu'il travaille le jonglage comme une histoire, qu'il le couple avec d'autres numéros scéniques. Il s'agit de divertissement, pas uniquement de technique. On reconnaît la qualité d'un spectacle au fait que les spectateurs s'amusent même si, par exemple, le jongleur fait tomber une de ses quilles par terre. »

En tout cas, une chose est sûre, c'est qu'il faut s'armer de patience pour se lancer dans le jonglage, car les débuts sont laborieux. Mais la rencontre internationale de cette fin de semaine à Prague est l'occasion d'aller se confronter à la difficulté, mais aussi de venir admirer la grâce et les performances.

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