Le mémorial dédié à Jan Palach retrouve sa place au pied du Musée national à Prague
Le 16 janvier 1969, soit il y a 57 ans, un jeune étudiant tchécoslovaque du nom de Jan Palach s’immolait en haut de la place Venceslas à Prague, en signe protestation contre l’apathie de ses concitoyens face à l’invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes du Pacte de Varsovie. Le monument qui marque l’endroit de son geste a été récemment réinstallé au pied du Musée national.
Ce mémorial est une croix en bronze qui symbolise le lieu du sacrifice de Jan Palach sur la place Venceslas. Il est en réalité un double hommage à ce jeune étudiant de l’Université Charles, qui s’était proclamé « Flambeau No 1 » dans une lettre expliquant son geste, mais aussi à celui qui l’avait suivi dans la mort de la même façon, quelques semaines plus tard, le 25 février 1969.
Le monument intégré dans le pavage situé au pied du Musée national avait été temporairement retiré en mai 2025 en raison de travaux liés à la construction de la nouvelle ligne de tramway qui doit relier la place au quartier de Vinohrady et à la rénovation de la station de métro. Il a été finalement replacé début décembre sous la supervision de ses concepteurs, les artistes Barbora Veselá, Čestmír Houska et Jiří Veselý, même été légèrement déplacé pour des raisons esthétiques.
Déjà fleuri ce vendredi matin, le mémorial rappelle un acte qui a profondément marqué la population tchécoslovaque déjà traumatisée par l’invasion soviétique quelques mois plus tôt.
Ce n’est évidemment pas le seul mémorial dédié à la mémoire de Jan Palach dont le nom est devenu le symbole du courage et du sacrifice : son masque mortuaire, réalisé par le sculpteur Olbram Zoubek, se trouve sur la façade de l’alma mater du jeune étudiant, le bâtiment de la Faculté des Lettres de l’Université Charles situé sur une place qui porte désormais son nom.
Non loin du mémorial de la place Venceslas se trouve un autre monument qui lui rend hommage, mais longtemps inconnu du grand public : déjà sous le communisme, ce mémorial s’élevait à quelques pas du lieu de son sacrifice. A la fin des années 1960, alors que Karel Prager était chargé du projet d’agrandissement du bâtiment de l’Assemblée fédérale, à côté du Musée national, l’architecte avait décidé de dédier un immense pylône d’acier, placé devant l’édifice, à la mémoire du jeune homme mort quelques mois auparavant. Edifié au nez et à la barbe des autorités communistes, ce monument s’élevait donc depuis plus de cinquante ans au cœur de Prague avant que ne soit redécouverte cette dédicace secrète en 2020.
Depuis 2019, la maison natale de Jan Palach a été transformée en musée dédié à sa mémoire.
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A noter enfin que les plaques commémoratives dédiées à Palach et à Jan Zajíc, située un peu plus bas de la statue de saint Venceslas, sur la principale place de Prague, ne reviendront pas à leur emplacement d’origine : elles seront à l’avenir exposées de façon permanente au Musée de la mémoire du XXᵉ siècle, une initiative que le musée justifie par le souhait d’offrir une présentation plus digne et respectueuse de ces objets historiques.








