Le nouveau ministre des Affaires étrangères a défini les priorités de la politique étrangère tchèque

Alexandr Vondra, photo: CTK

Tradition oblige : le premier voyage à l'étranger a conduit le nouveau chef de la diplomatie tchèque, Alexandr Vondra, en Slovaquie. Encore avant son installation officielle au palais Cernin, siège du ministère des Affaires étrangères, il a participé à Bratislava à une rencontre de ses homologues des pays du groupe de Vysegrad réunissant la Pologne, la Hongrie, la Slovaquie et la Tchéquie. Ce mercredi, il a présenté à l'assemblée des diplomates les priorités de la nouvelle politique étrangère tchèque.

Alexandr Vondra, photo: CTK
Le ministre a défini d'abord trois principes fondamentaux de la politique étrangère tchèque : la continuité, le réalisme et la fidélité à l'orientation qui caractérise cette politique depuis la révolution de 1989.

« Comment sera la politique étrangère ? Sera-t-elle différente, y aura-t-il un changement révolutionnaire ? La réponse est non. La République tchèque est un Etat moyen qui ne peut pas se permettre des changements extrêmes, des manoeuvres imprévisibles, un Etat qui n'agit pas isolément sur la scène européenne, mais en accord et en coopération avec nos alliés de l'Union européenne et de l'OTAN. Nos activités doivent être prévisibles et tout le monde doit savoir ce qu'on peut attendre de nous. Un de nos principes fondamentaux est donc la continuité de la politique étrangère tchèque.»

Et le ministre de souligner que ce sera aussi une politique réaliste et consciente de ses possibilités qui reposera sur trois piliers fondamentaux - l'Union européenne, l'OTAN et la coopération avec les pays voisins. Dans les rapports vis-à-vis de l'Union européenne, la diplomatie tchèque insistera sur les objectifs principaux pour lesquels l'Union a été créée, c'est-à-dire, la libre circulation des personnes, des marchandises, des capitaux et des services. Elle encouragera les tendances à la transparence et la flexibilité des organismes de l'Union et s'opposera à toutes les tentatives de retarder l'intégration de la République tchèque dans l'espace Schengen qui doit avoir lieu en octobre 2007. La diplomatie tchèque cherchera aussi à contribuer au débat sur la Constitution européenne et à la réflexion sur l'identité européenne.

« Nous espérons que cette réflexion et une certaine crise de l'identité européenne n'auront pas pour conséquence la fermeture de l'Union vis-à-vis de nouveaux adeptes de l'intégration. Nous sommes et nous serons pour une Union européenne ouverte qui sera prête à recevoir de nouveaux pays membres et surtout ceux de la péninsule balkanique. »

Phoot: Commission européenne
Selon Alexandr Vondra, la Tchéquie doit se préparer aussi à la période pendant laquelle elle assurera, en 2009, la présidence de l'Union. Ces préparatifs doivent concerner, selon le chef de la diplomatie, non seulement les problèmes techniques d'une telle tâche, mais aussi les priorités sur lesquelles la République tchèque mettra l'accent pendant cette période.

Réagissant à la polémique sur une éventuelle installation d'une base anti-missile américaine en République tchèque, le ministre s'est exprimé sur l'engagement de la Tchéquie dans le système de la sécurité européenne. A son avis, la Tchéquie doit assumer sa part des responsabilités dans la protection contre les risques qu'apportent le développement et l'extension de nouvelles technologies militaires. La Tchéquie pourrait donc, d'après Alexandr Vondra, partager ses responsabilités avec la Pologne qui, elle aussi, figure parmi les pays où l'installation de tels systèmes est envisagée par les Etats-Unis. La République tchèque poursuivra également sa participation aux activités des forces de paix dans les principaux foyers de tension dans le monde.