Le Parti des Verts renaissant de ses cendres ?

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Une belle surprise pour le Parti des Verts tchèque, à l'approche des élections législatives de juin prochain : alors qu'il faisait, jusqu'à présent, figure d'outsider sur la scène politique nationale, il a réussi à se hisser, à en croire un récent sondage, parmi les formations les plus fortes du pays. Avec 5,6% de suffrages hypothétiques, les Verts auraient toutes leurs chances d'être représentés au Parlement...

Martin Bursik, photo: CTK
Depuis un an, les Verts tchèques sont évoqués dans les sondages sur les intentions de vote de l'agence STEM. Mais c'est pour la première fois qu'ils ont franchi la barre des 5% des voix, nécessaires pour obtenir des sièges à la Chambre des députés. « J'en suis vraiment ravi. J'avais peur que les gens se résignent complètement vis-à-vis de la politique. Mais il s'avère que ce n'est pas le cas », telle était la première réaction de Martin Bursik, 46 ans, qui est à la tête du parti, depuis cinq mois seulement. Lors de son élection, à l'automne 2005, il a prôné l'indépendance de son parti et rejeté catégoriquement la proposition de son prédécesseur de fusionner, avant les législatives, avec d'autres partis libéraux. « Nous avons une idéologie forte. Nous pouvons nous appuyer sur les Verts européens qui sont un gage de qualité », déclarait alors Martin Bursik. Il semble en effet qu'avec le comeback de cet ancien ministre de l'Environnement, les Verts, qui ne comptent actuellement qu'un millier de membres, relèvent enfin la tête. Rappelons que la création, en 1989, de ce parti basé sur les valeurs écologiques et démocratiques, a enthousiasmé bon nombre d'électeurs Tchèques. Rien d'étonnant dans un pays sorti tout droit d'un régime qui n'a pas vraiment brillé pour son respect de la nature. Or, secoué par de petites guerres en son sein, le Parti des Verts allait vivre de longues années de « vaches maigres ». Ne citons que son très mauvais score aux législatives de 2002, où il a recueilli près de 2% des suffrages, ou encore son absence au Parlement européen.

Persuadé que le pire est derrière lui, Martin Bursik est déjà en pleine préparation de la campagne électorale, qui sera lancée le 2 mars. Avec son programme pro-européen, axé sur la protection de la nature et une meilleure qualité de vie, il espère atteindre 7% à 8% des suffrages. Réaliste ou pas ?, nous le saurons le premier week-end du mois de juin. Il n'empêche que « voter Vert » devient, de plus en plus souvent, la devise de cette partie de l'électorat dont le coeur ne bat ni du côté de la social-démocratie, ni de celui du Parti civique démocrate, les deux poids lourds de la politique tchèque.

Auteur: Magdalena Segertová
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