Le poète et traducteur Ludvík Kundera lauréat du Prix Jaroslav Seifert

Ludvík Kundera, photo: Vilém Faltýnek

C’est Ludvík Kundera qui est lauréat du Prix Jaroslav Seifert 2009, prix littéraire décerné depuis 1986 par la fondation de la Charte 77. Le jury présidé par le critique et historien de la littérature Jiří Brabec lui a attribué cette distinction pour l’ensemble de sa création littéraire réunie dans ses œuvres complètes qui paraissent depuis le début des années 1990 et auront en tout 17 tomes.

Ludvík Kundera, photo: Vilém Faltýnek
Difficile de classer Ludvík Kundera, cousin du célèbre romancier Milan Kundera. Il est à la fois poète, traducteur, dramaturge, éditeur, et pour ses amis aussi spécialiste et connaisseur du thé. Quand à lui-même, il n’hésite pas lorsqu’on lui demande ses préférences:

«De toutes mes professions, c’est la poésie que je préfère. J’ai été atteint par la poésie très tôt et je dirais que cela dure encore. J’ai publié mon dernier recueil vers Noël. Il s’appelle Onde (Ailleurs). C’est une poésie sur le monde, sur le temps, sur mes sensations et sur mes amis. C’est l’avantage de la poésie, elle ouvre beaucoup de portes. La poésie m’attire aussi parce qu’elle me donne la possibilité d’expérimenter.»

Né en 1920, Ludvík Kundera étudie à la faculté des lettres des Universités de Prague et de Brno, mais ses études sont interrompues par la guerre. Après la libération il travaille dans plusieurs revues littéraires et se lie d’amitié avec le poète František Halas et les membres du groupe surréaliste Ra. A partir de 1955, il se consacre entièrement à la création littéraire et la traduction avec pourtant un intermède entre 1968-70, période pendant laquelle il est responsable du répertoire du Théâtre d’Etat de Brno. Après l’invasion soviétique en Tchécoslovaquie en 1968, ce cousin du romancier Milan Kundera partage le sort de nombreux intellectuels tchèques qui sont réduits au silence. C’est une épreuve difficile pour lui et pour sa famille:

«Les problèmes ont été importants. Mes enfants grandissaient et ne pouvaient pas étudier. Il y a eu donc beaucoup de plaintes. Heureusement nous avons surmonté ces problèmes. Pendant longtemps j’ai été interdit de publication, mais heureusement, j’ai pu profiter des services de personnes très aimables qu’on appelait ‘couvreurs’ et mes textes ont donc pu être publiés sous le nom d’un autre.»

Auteur d’une série de recueils de poésies, de pièces de théâtre, Ludvík Kundera est également un important éditeur auquel nous devons, entre autres, les œuvres complètes du poète František Halas, son ami. C’est grâce à lui que les lecteurs tchèques disposent aussi d’excellentes traductions d’œuvres d’Alfred Kubin, de Gottfried Benn, de Georg Trakl et d’autres auteurs allemands. Le grand dramaturge Bertold Brecht l’a choisi comme traducteur exclusif de ses œuvres en tchèque.

Le prix Jaroslav Seifert doté d’une somme de 250 000 couronnes, quelque 9 600 euros, sera remis à Ludvík Kundera, le 12 octobre prochain, dans la résidence du maire de Prague.