Le président de la République tchèque en Italie

Le président de la République tchèque en Italie, photo: CTK

Le président de la République, Vaclav Havel, est en voyage. Celui-ci le conduit en Italie et à Malte. Alain Slivinsky s'est intéressé, pour vous, à une allocution qu'il a prononcée devant le Sénat italien.

Le président de la République tchèque en Italie, photo: CTK
Le programme des entretiens de Vaclav Havel, lors de ce voyage, est surtout concentré sur les questions de l'élargissement de l'Union européenne et du prochain sommet de l'OTAN, qui aura lieu, en novembre 2002, dans la capitale tchèque, Prague. Dès le premier jour de sa visite, à Rome, il a présenté ses idées sur l'avenir de l'Union européenne, justement, devant les sénateurs italiens. Une allocution importante, de la part d'un président d'un pays candidat, connu pour son approche philosophique de la politique. Son sujet était inspiré du processus de Lisbonne, commencé il y a deux ans, et qui fixe certains objectifs de l'Union : d'ici à 2010, devenir l'économie la plus performante du monde, donc devancer les Etats-Unis. Le chef de l'Etat tchèque ne pense pas que ce soit une bonne philosophie en déclarant : « Ne m'en voulez pas, mais dans une telle déclaration, je sens précisément ce caractère de la volonté européenne qui devrait être l'objet d'une très rigoureuse analyse critique ». Et Vaclav Havel de se poser les questions : « Pourquoi déclarons-nous, de nouveau, que nous voulons être les meilleurs et les plus forts de tous ? Pourquoi nous définissons-nous, de nouveau, contre quelqu'un » ? Selon le Président, cette position indique clairement l'apparition d'une crise de confiance en soi, et il formule de nouvelles questions : « Ne peut-on, réellement, vivre bien en Europe, sans avoir besoin de rattraper et de dépasser l'Amérique ? Une vie de qualité ne serait-elle qu'une simple compétition ? Est-ce que nos pays, nos paysages, nos cités, notre atmosphère et, en premier lieu notre vie privée, dans des considérations plus larges, ne pourraient être d'une plus grande beauté, d'un caractère plus profond et de meilleure qualité, même sans faire la course avec quelqu'un, à celui qui a fabriqué et vendu le plus de voitures, de machines à laver ou de films d'horreur » ? Vaclav Havel a, lui-même, donné une réponse à ces questions : « Il semble bien que le moment opportun soit arrivé pour que l'Europe abandonne, enfin, le sentiment qu'elle est tenue à s'exporter, elle-même, dans le monde entier, pour qu'elle remplace ce sentiment par une volonté plus simple, mais aussi plus difficile à réaliser : commencer l'amélioration du monde par elle-même, avec le risque éventuel que personne ne suivra son exemple. Pourtant, quelqu'un doit bien commencer ». Fin de citation. Les observateurs constatent que ce discours rejoint, dans un sens, l'objectif de l'Union européenne : se réformer. D'un autre côté, il critique le processus entamé à Lisbonne, donc un paquet de mesures économiques et sociales trop orientées sur la compétition avec les Etats-Unis. Des mesures qui concernent pleinement les pays candidats, donc la Tchéquie, car elles font partie de la stratégie adoptée par le sommet printanier de l'Union, à Barcelone où, pour la première fois, les pays candidats étaient, aussi, présents.