Le président tchèque aura aussi son mot à dire au sommet européen de Bruxelles

Le président Vaclav Klaus, photo: CTK

A Bruxelles, ces jeudi et vendredi, se réunissent les dirigeants européens pour le sommet trimestriel des Vingt-Cinq. Et c'est le président de la République, Vaclav Klaus, qui s'y rendra finalement à la place du premier ministre social-démocrate sortant, Jiri Paroubek. Une présence qui suscite pas mal de commentaires.

Le président Vaclav Klaus, photo: CTK
C'est bien parce que ce ne serait pas la première fois qu'il susciterait la polémique lors d'un sommet européen que nombre de commentateurs tchèques font des pronostics et discutent depuis quelques jours de la présence de Vaclav Klaus à Bruxelles. Connu pour ses coups d'éclat verbaux eurosceptiques, le président tchèque ne s'exprimera en tout et pour tout que cinq minutes, une durée de discours « pas si courte que cela » relève cependant Lubos Palata dans le quotidien Lidove noviny. C'est la première intervention de Vaclav Klaus à un conseil de cette ampleur, depuis l'échec des référendums français et néerlandais sur la Constitution européenne. Et certains thèmes prévus à l'agenda du sommet font partie de ses sujets de prédilection.

La Constitution européenne, justement : sévèrement critiquée et déclarée morte par Vaclav Klaus, son avenir doit y être débattu et certains pays, notamment ceux qui l'ont déjà ratifiée, souhaiteraient que le processus enrayé après les « non » français et néerlandais, reprenne au plus tôt. Vaclav Klaus, lui, a souvent fait part de sa volonté de créer une « Organisation des Etats européens » à la place du système actuel, pour, selon lui, préserver la souveraineté des Etats. Autre point de débat : le processus d'élargissement de l'UE.

Photo: Commission européenne
Alors que des pays comme l'Ukraine ou la Turquie trépignent aux portes de l'UE, nombre d'Etats-membres, comme par exemple l'Autriche qui assure actuellement la présidence, se posent la question de la « capacité d'absorption » de l'Union, et donc d'une définition de ce qu'est l'Europe. Le président tchèque, au contraire, a maintes fois fait savoir qu'il était favorable à l'intégration de pays comme le Kazakhstan. Certains diplomates à Bruxelles imaginent difficilement que le président tchèque laisse passer une chance de rappeler les échecs cuisants des référendums, qu'il avait pu alors considérer comme une justification a posteriori de ses positions.

Le chef de l'Etat tchèque ne sera pas seul : le ministre des Affaires étrangères, Cyril Svoboda, est également présent. Et surprise de dernière minute, la présence de Jiri Paroubek : celui-ci, faute de représenter la République tchèque au conseil européen, est à Bruxelles dès ce jeudi pour participer au sommet des socialistes européens.