Le secret du scrutin sera strictement contrôlé lors de l’élection présidentielle

Präsidentenfahne auf der Prager Burg

La commission électorale commune des deux chambres du Parlement tchèque a adopté un règlement très rigoureux pour l’élection présidentielle du 8 février. Il s’agit surtout de garantir le secret du vote des députés et des sénateurs dans le cas où la procédure du scrutin secret sera retenue.

Na Hradě opět vlaje prezidentská standarta...
La commission électorale commune a vraiment mis « les bouchées doubles » pour garantir le secret du vote, lors de l’élection présidentielle. En premier lieu, le Salon du président au Château de Prague, où se déroulera le vote, sera divisé en deux salles indépendantes, l’une pour les sénateurs, l’autre pour les députés. Toutes les deux disposeront d’une entrée et d’une sortie également indépendantes. Devant l’entrée de chaque salle de vote, un emplacement de discrétion de trois mètres sera disposé comme il est d’usage dans les banques. Une partie de l’intérieur de la salle sera aménagée en isoloire, l’autre sera réservée à l’urne. A l’intérieur de la salle de vote, il ne pourra y avoir qu’un seul sénateur ou député à la fois. Petr Tluchoř, chef de la commission électorale de la Chambre des députés, nous explique la suite de la procédure :

« Quand la salle de vote sera vide, le bulletin de vote sera remis au sénateur ou au député, avant son entrée dans la salle, en échange de sa signature. Le bulletin de vote ne sera signé par deux membres de la commission électorale qu’immédiatement avant de le remettre à l’électeur et non pas à l’avance. Ainsi donc, le bulletin de vote ne pourra être en conctact qu’avec une seule personne. »

Dans l’isoloire, l’électeur pourra choisir le candidat pour lequel il votera de la manière suivante : il marquera d’un rond le chiffre du candidat choisi et barrera d’une croix le ou les chiffres du ou des autres candidats. Si d’autres inscriptions sont retrouvées sur le bulletin de vote, ce dernier sera déclaré nul. En cas de litige, seule la commission électorale commune aura droit de décision. Après avoir voté, le sénateur ou le député sortira de la salle de vote par une autre porte que celle par laquelle il était entré. Toute cette procédure rendra, certainement, l’élection beaucoup plus longue, comme le confirme d’ailleurs le chef de la commission électorale du Sénat, Josef Pavlata :

« Si nous faisons le calcul du temps nécessaire, je pense que chaque tour de l’élection, sur les trois éventuels tours possibles, pourra durer deux heures, deux heures et demie. En tout, cela fera sept heures et demie, donc de 10 heures du matin à 17.30. Ajoutons encore la présentation des candidats. Personnellement, je pense qu’entre 15 heures et 22 heures, le 8 février, le président de la République pourrait être élu. »

Une question se pose encore. Le chef de l’Etat sera-t-il réellement élu au scrutin secret ? Ce sont la Chambre des députés et le Sénat qui devront répondre à cette question, le 8 février, avant 10 heures du matin et le début de l’élection. Si la première présidentielle ne dégage pas de vainqueur, les deux chambres devront se réunir pour une nouvelle élection dans les dix jours, donc le 18 février au plus tard.