Le voyage dans la Lune selon Joseph Haydn

'Le Monde de la Lune', photo: CTK

Le 40e anniversaire du premier pas de l’homme sur la Lune a donné aux organisateurs du Festival de musique de la ville de Znojmo en Moravie une idée originale. Ils ont présenté à ce festival, qui se veut un hommage à Joseph Haydn, un des opéras de ce compositeur dans lequel la Lune joue un rôle important.

'Le Monde de la Lune', photo: CTK
Le fondateur du classicisme musical viennois, Joseph Haydn, domine cette année le programme du festival de Znojmo. Les organisateurs proposent au public entre autres son oratorio « La Création » et aussi quatre représentations de son opéra bouffe «Il Mondo della Luna – Le Monde de la Lune », spectacle donné dans la cour du Couvent des frères mineurs. La première a été cependant donnée, à cause du mauvais temps, dans le manège du couvent Loucký avec des décors réduits. Dans le public il y avait aussi le critique Vladimír Čech:

«La première mondiale de l’opéra ‘Le Monde de la Lune’ a eu lieu dans le château d’Esterhaza le 3 août 1777 sous la direction du compositeur. A Znojmo cet opéra bouffe est chanté en italien mais le public peut suivre simultanément les sous–titres tchèques. Le livret italien a été traduit en tchèque par Vladimir Chytil.»

'Le Monde de la Lune', photo: CTK
L’opéra raconte une grande supercherie. Un riche barbon qui tyrannise sa famille, se laisse convaincre par un faux astronome de boire un élixir qui le portera sur la Lune. Après avoir bu cette potion qui n’est qu’un soporifique, il se retrouve dans le jardin de l’astronome transformé en paysage lunaire. Et c’est sur cette Lune de pacotille qu’il assiste, comme en rêve et sans broncher, aux noces de ses deux filles avec les jeunes prétendants qu’il leur refusait. Vladimír Čech évoque quelque traits caractéristiques de cet opéra:

«Quand je dis que l’opéra a été créé d’après un sujet de Carlo Goldoni, il est évident que c’est surtout l’élément comique qui y domine. Les éléments fantastiques à la Jules Verne ne sont que les moyens pour parvenir à cet effet comique.»

Malgré les décors réduits, la première de l’opéra a remporté un grand succès. Selon Vladimír Čech le public a applaudi la mise en scène de Jiří Nekvasil, la scénographie de Daniel Dvořák mais surtout les qualités musicales de cette production:

'Le Monde de la Lune', photo: CTK
«Les instrumentistes ont joué avec fraîcheur, la partition a été interprétée avec tous les détails dynamiques et rythmiques, les accents ont été bien placés. Le chef d’orchestre Roman Válek et les autres interprètes ont réussi à saisir l’esprit de la musique de Haydn et ils méritent nos compliments. Parmi les solistes il n’y a pas eu un seul dont on pourrait dire qu’il ait manqué de moyens pour bien interpréter son rôle. Il était évident que tous les solistes se sont identifiés sans problèmes avec leur personnage. »

Dans la majorité il s’agit de jeunes chanteurs dont les voix agréables ne sont pas encore ternies par une longue carrière lyrique. D’après Vladimir Čech, la distribution est cependant dominée par le baryton Roman Janál qui appartient depuis des années aux meilleurs chanteurs du Théâtre national de Prague. C’est lui qui campe le rôle du barbon tyrannique se croyant sur la Lune. Sa voix robuste et agile remplit toute la salle et sa présence envahit toute la scène.

Les amateurs de la musique de Joseph Haydn auront l’occasion de voir cet opéra lunaire encore ce mardi et la dernière représentation aura lieu jeudi 22 juillet.