L'enseignement alternatif en République tchèque : les écoles Waldorf

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Ce 1er septembre 2005 de rentrée scolaire aurait dû être celui du lancement du premier lycée de type Waldorf à Prague, pourtant il faudra encore attendre une année avant que les élèves ne remplissent les bancs de la nouvelle école. L'occasion, malgré tout, de s'intéresser à cette pédagogie alternative.

Avec neuf écoles Waldorf, allant du niveau primaire au niveau collège, dans le pays, la République tchèque reste cependant loin derrière son voisin allemand où la pédagogie basée sur les théories anthroposofiques de Rudolf Steiner, est répandue et complètement intégrée au système éducatif. En République tchèque, la première école n'est apparue qu'en 1992, à Prague. Tout comme en France, cette manière non-académique d'envisager l'instruction et l'éducation des enfants, rencontre des difficultés et pas mal de scepticisme.

Ivan Smolka est directeur du futur lycée pragois et secrétaire de l'association des écoles Waldorf. Il explique ce qui attire les parents qui choisissent de confier leurs bambins à ce système alternatif qu'il a contribué à lancer : « Je pense que ce qui les attire, c'est que cela n'a rien à voir avec le système scolaire classique auquel tout le monde est habitué ici : en gros, déposer l'enfant quelque part, le confier à des personnes qui vont s'en occuper, et où les parents n'auront pas leur mot à dire. L'école Waldorf va au-devant des parents, collabore avec eux, en fait les parents participent directement, tant dans l'établissement de l'école, que dans son fonctionnement, lors de fêtes. L'école est une affaire commune. L'école Waldorf a d'ailleurs besoin de cette participation. Si son objectif est de s'occuper d'un développement global de la personnalité d'un enfant, elle doit nécessairement travailler avec les parents. Il y a de nombreux aspects du développement de l'enfant auxquels ils doivent travailler ensemble. »

La pédagogie initiée au début du XXè siècle par l'autrichien Rudolf Steiner, est donc basée sur un « développement intérieur » des enfants, en cherchant à susciter un intérêt et une envie de découverte du monde. Autant de perspectives que ne permettrait pas, selon celle-ci, l'enseignement classique. Concrètement, l'enseignement est envisagé de manière concentrée, par « époques » au cours desquelles une matière est enseignée de manière intensive pour une période donnée, avant de passer à une autre. Seules les langues bénéficient d'un enseignement tout au long de l'année, de même que l'apprentissage de certains arts et savoir-faire artisanaux.

« A cinq reprises déjà, certains de nos élèves sont passés au niveau secondaire, et ce dans d'autres établissements. Par exemple, pour les examens de passage au lycée qui sont assez difficiles en République tchèque, la moyenne d'admis à Prague est de 13-14% alors que pour ceux qui viennent d'écoles Waldorf, on a 50 à 60% d'admis chaque année. L'adaptation se fait bien entendu un peu difficilement, c'est un tout autre style d'enseignement, de thèmes, d'approche, mais à l'école Waldorf, ils sont habitués à une approche indépendante, à se débrouiller tout seuls. Donc sur ces cinq années, nous n'avons pas remarqué de problèmes d'adptation trop graves. »

Ivan Smolka explique que le lycée aurait dû ouvrir ses portes ce 1er septembre, mais qu'il ne fonctionnera en 2005 que formellement : d'après lui, les autorisations officielles n'ont été données qu'en avril dernier, soit trop tard pour organiser les examens d'admission au niveau lycée. Et en l'absence de certitude, les élèves devaient bien s'orienter. Rendez-vous l'an prochain donc pour la première génération de lycéens « Waldorf ».