Les chrétiens-démocrates radicalisent leur position sur l'adhésion de la Turquie à l'UE

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Les futures négociations européennes avec la Turquie continuent de faire débat en République tchèque. Mardi, le parti chrétien-démocrate, membre de la coalition gouvernementale majoritairement pro-turque, a de nouveau contesté le processus d'adhésion d'Ankara à l'UE : à l'instar de la France et de l'Autriche, ses leaders ont plaidé pour un référendum sur l'entrée de la Turquie dans le club européen, et d'ailleurs pas seulement de la Turquie - ils souhaitent que les Tchèques se prononcent désormais sur chaque élargissement de l'Union.

D'après le chef des chrétiens-démocrates, Miroslav Kalousek, l'appartenance de la Turquie à l'Europe pourrait « menacer tout le processus d'intégration européenne ». S'opposant farouchement à l'hypothèse du rejet de la candidature turque, de la part des chrétiens-démocrates, pour des raisons d'ordre religieux, Miroslav Kalousek parle de deux principaux obstacles à l'intégration turque : l'impossibilité de partager, avec ce nouveau venu, les mêmes valeurs au sein de l'Union et l'état des droits de l'Homme dans ce pays euro-asiatique. Alors que, d'après des sondages effectués au printemps, près de la moitié des Tchèques serait prête à soutenir la position anti-turque des chrétiens-démocrates, sur la scène politique tchèque, le durcissement de cette dernière a provoqué un tollé. « C'est une idée folle, je m'y oppose fermement », a déclaré l'euro-député ODS, dans l'opposition, Jan Zahradil, en qualifiant les chrétiens-démocrates de populistes. « Il me semble injuste qu'après avoir réussi à pénétrer dans l'UE, nous veuillons compliquer l'adhésion de quelqu'un d'autre », s'est indigné à son tour le chef social-démocrate de la Chambre des députés, Lubomir Zaoralek. Comme le remarque Adam Cerny, commentateur du quotidien économique Hospodarske noviny, la polémique autour du dossier turque a de nombreux points communs avec le débat de cette année sur la Constitution européenne. Il s'agit notamment, écrit-il, « de la responsabilité des dirigeants européens de leurs actes et leur capacité, voire incapacité d'assumer leurs décisions devant les électeurs. »