Les détenus de Cuba : espoir de mise en liberté

Petr Pithart

L'espoir que fondait la diplomatie tchèque sur la rencontre, à La Havane, entre le président du Sénat tchèque, Petr Pithart, et Fidel Castro, pour la libération des deux détenus tchèques dans ce pays, le député Ivan Pilip et Jan Bubenik, cet espoir est déçu. Les détails avec Omar Mounir.

Fidel Castro
Ce n'est que le samedi en fin de matinée, après cinq jours d'attente à Cuba, qu'une voiture est venue conduire le président du Sénat tchèque à un endroit anonyme, probablement l'une des nombreuses résidences de Fidel Castro, où a lieu la rencontre.

Petr Pithart
Les entretiens sur le sort des deux prisonniers ont duré six heures en présence du seul interprète. Suite à quoi, Petr Pithart est allé directement à l'aéroport, mais sans Pilip et Bubenik. A son arrivée à Prague, il a informé le ministre des Affaires étrangères, Jan Kavan, des détails de cet entretien. Les deux responsables ont déclaré à la presse que cette mission n'est que l'un des moyens envisagés par la Tchéquie pour libérer ses citoyens. Pithart se dit toutefois convaincu que Pilip et Bubenik ne seront pas jugés à Cuba. Il a aussi mis à profit la rencontre avec la presse pour remercier la diplomatie slovaque d'avoir fait l'intermédiaire dans ses négociations avec les autorités cubaines. De nombreuses tentatives ont été faites bien avant cette mission. La diplomatie slovaque, l'Union inter-parlementaire, le gouvernement allemand, l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, l'ambassade de Suède à La Havane. Tant et si bien que Prague n'attendait pas grand-chose de la mission Pithart, sinon l'acquittement de la République d'un devoir vis-à-vis de ses citoyens.

Le lien entre cette affaire et les sanctions des Etats-Unis contre Cuba est mis en exergue notamment par la nouvelle qualification des faits reprochés aux deux détenus. Il n'est plus question "d'activités subversives" comme c'était le cas dans l'inculpation initiale, mais "d'atteinte à l'indépendance de Cuba et à ses intérêts économiques" conformément à l'article 88. L'introduction de cet article dans l'arsenal pénal cubain est une réaction à la loi connue sous le nom de Helms-Burton qui, en 1996, a, comme par hasard, précisé les conditions de l'embargo américain contre La Havane. N'importe comment, il y a lieu de préciser que Prague n'a jamais apporté son soutien à ces sanctions unilatérales.

Cela dit, aussi bien le président Vaclav Havel que le Premier ministre Milos Zeman considèrent que la République tchèque n'a aucune raison de présenter ses excuses.

Quel destin est celui des deux détenus dans ces conditions ? Selon le vice-ministre des affaires étrangères, Hynek Kmonicek, quatre scénarios sont possibles :



* La mise en liberté et l'expulsion sans jugement ;



* La relaxe judiciaire ;



* Une expulsion judicaire ;



* La condamnation à une peine de prison pouvant atteindre une année.

Auteur: Omar Mounir
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