Les élections législatives se tiennent dans un climat malsain

Jiri Paroubek et Mirek Topolanek, photo: CTK

A la veille de l'ouverture des bureaux de vote pour la tenue, ces vendredi et samedi, des élections législatives, les médias tchèques continuent de consacrer leur attention à l'affaire Kubice, un scandale qui met en cause le Parti social-démocrate et le Premier ministre Jiri Paroubek. Les divisions au sein du parti des Verts et l'avant-dernier duel télévisé entre les leaders des deux formations favorites du scrutin parlementaire font également l'objet de multiples analyses.

Jiri Paroubek et Mirek Topolanek, photo: CTK
Les services de renseignement ont eu beau faire savoir qu'ils ne disposaient pas d'informations prouvant les liens qu'entretiendraient certains membres du gouvernement, son chef y compris, avec le crime organisé, l'ombre du doute continue de planer au-dessus de la personne de Jiri Paroubek. En début de semaine, Jan Kubice avait affirmé devant la Commission de la défense de la Chambre des députés que des pressions étaient exercées sur l'unité de lutte contre le crime organisé dont il est le chef par des responsables politiques, mettant ainsi directement en cause le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur, Frantisek Bublan. Une affaire lugubre dont il reste difficile de tirer les ficelles mais qui est venue plomber encore un peu plus le climat d'une campagne électorale au cours de laquelle tous les coups bas ont semblé permis.

Dernière démonstration en date, mercredi soir, avec le troisième d'une série de quatre duels télévisés entre Jiri Paroubek et le leader du Parti civique démocrate, ODS, principale formation de l'opposition, Mirek Topolanek. Très nerveux et dressés l'un contre l'autre comme des coqs de combat prêts à en découdre, les deux candidats n'ont eu de cesse de s'agresser verbalement. Une atmosphère sulfureuse qui en ferait presque oublier les différents thèmes abordés au cours du débat : baisse et mise en place d'un impôt unique, frais de scolarité, cotisations chez le médecin ou encore déficit croissant de l'Etat.

Autre endroit où la tension est également bien palpable à l'approche du jour J : le siège du parti des Verts. Ses membres, partagés entre la social-démocratie et le Parti civique démocrate, s'entredéchirent et une fraction de gauche est apparue, au grand mécontentement du chef du parti, Martin Bursik, dont certains réclament déjà la tête. L'Unité de la formation en laquelle un certain nombre de Tchèques placent leurs espoirs d'alternative aux autres partis mais qui reste encore fragile semble déjà avoir du plomb dans l'aile.