Les pour et les contre de la conférence du FMI et de la BM

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La conférence du Fond monétaire international et de la Banque mondiale qui aura lieu, fin septembre, à Prague posera sans doute beaucoup de problèmes aux organisateurs et aux habitants de la capitale, mais elle apportera aussi un profit financier non négligeable à la République tchèque. Vaclav Richter.

Pas moins de 180 manifestations diverses sont prévues par les adversaires de la mondialisation pour la dernière semaine de septembre à Prague et selon le directeur de la préfecture de police de Prague, Radislav Charvat, ce chiffre est loin d'être définitif. Certaines manifestations ne seront pas tolérées, d'autres ont été interdites tout de suite. Il s'agit notamment des protestations qui devaient avoir lieu dans la proximité du Centre des Congrès récemment reconstruit pour abriter la plupart des activités de la conférence. On estime que le nombre de ceux qui viendront protester à Prague contre la politique du FFM et de la Banque mondiale pourrait atteindre 20 000 à 50 000. Pour faire front à cette vague de contestation on envisage de déployer dans les rues 11 000 agents de police qui pourront intervenir par "tous les moyens légaux" ce qui veut dire par exemple gaz lacrymogène, chiens, chevaux, menottes, canons à eau, grenades fumigènes. Il est évident que tout cela coûtera beaucoup d'argent. Néanmoins, selon une analyse de la firme Deloitte and Touche ces dépenses pourraient être compensées, et de loin, par l'apport financier de la conférence. Tandis que les dépenses pour l'organisation de la conférence atteindront 935 millions de couronnes, presque 200 millions de FF, dont 740 millions seront payés par les contribuables, la somme que les participants à la conférence dépenseront à Prague est évaluée à 1,1 à 3,3 milliards de couronnes. Selon l'analyse l'apport financier total à l'économie tchèque pourrait atteindre au cours des cinq ans à venir 7,8 à 17,1 milliards de couronnes. Le ministre tchèque des Finances, Pavel Mertlik, souligne que la conférence augmentera l'afflux des investissements étrangers en République tchèque et contribuera au développement des rapports de notre pays avec le Fond monétaire international et la Banque mondiale. Quoi qu'il en soit, le mois de septembre à Prague risque d'être bien chaud. D'ailleurs les protestations ont déjà commencé. Ce vendredi un groupe de dix anarchistes a commencé, place Venceslas, une grève de la faim de deux jours. Par leur action ils désirent manifester leur solidarité avec les pauvres du monde entier qui souffrent de la faim. Ils entendent protester aussi contre les crédits accordés par le Fond monétaire international et la Banque mondiale aux pays pauvres, crédits qui, à l'avis des grévistes, entrent souvent en possession des régimes totalitaires et sont utilisés pour l'achat des armes.