Les réactions au lendemain des élections en Tchéquie

Photo : ČTK /  Václav Šálek

La victoire du parti ANO du Premier ministre Andrej Babiš aux élections régionales, le renforcement de l'opposition et la déconfiture de la gauche sont largement commentés tant par la classe politique que par les analystes politiques.

Andrej Babiš, photo : ČTK / Michaela Říhová

Les élections régionales servant en quelque sorte de test un an avant les législatives, le scrutin de ce week-end était tout particulièrement important pour tâter la température de l'électorat.

Le Premier ministre Andrej Babiš s'est félicité de la victoire de son parti ANO qui remporte 10 des 13 régions que comptent le pays, et a remercié les électeurs de s'être rendus aux urnes malgré la pandémie.

De nombreux analystes politiques notent toutefois que cette victoire est en demi-teinte puisque d'une part ANO stagne plutôt qu'il ne gagne de nouveaux électeurs, et que comme il y a quatre ans, il n'est pas assuré de siéger dans les conseils des régions qu'il a remportées. Des alliances de ses opposants pourraient le voir exclu des conseils régionaux.

Jan Hamáček, photo: ČTK/Radek Petrášek

Ceci est d'autant plus vrai que ses partenaires de la coalition gouvernementale, les sociaux-démocrates (ČSSD) accusent une nouvelle défaite. Le chef de file du parti social-démocrate, également ministre de l'Intérieur, Jan Hamáček, s'est dit « pas surpris des résultats », mais a estimé qu'ils ne pouvaient « pas être interprétés comme un échec du gouvernement ». Il a rejeté toute idée de démission qui pourrait déstabiliser le parti.

Quant au parti communiste qui soutient le cabinet au Parlement, il est « en mort clinique » estime l'éditorialiste de l'hebdomadaire Respekt. Le leader du PC, Vojtěch Filip a constaté que les résultats, tant des régionales que des sénatoriales, étaient « un gros échec qu'il fallait analyser ».

Ivan Bartoš, photo : ČTK / Michal Krumphanzl

Le Parti pirate poursuit lentement mais sûrement sur sa pente ascendante entamée depuis quelques années. Arrivé second derrière le parti ANO, certes à près de dix points d'écart, il va devoir négocier pour former des alliances : les leaders régionaux et leurs équipes « sont prêts. Certaines négociations ont déjà eu lieu avec des partis centristes et libéraux avant le scrutin, » a souligné Ivan Bartoš.

Pour le chef de file du parti de droite ODS, Petr Fiala, ces élections ont montré la force de l'opposition prise dans son ensemble par rapport aux partis gouvernementaux : « L'opposition démocratique est majoritaire, et c'est le message important et plein d'espoir de ces élections ».