Les Tchèques à la retraite à 65 ans en 2030

Mercredi aura été une journée de travail fructueuse à la Chambre basse du Parlement tchèque. Pressés de partir en vacances, qui ont débuté ce jeudi, les députés ont en effet traité pas moins de 24 projets de loi et d’amendements en l’espace de six heures et demie. Les principales décisions prises concernent le retardement de l’âge du départ en retraite, première étape de la réforme planifiée du système de retraite, et les pouvoirs de la police.

A partir de 2030, les Tchèques partiront donc probablement en retraite à 65 ans. La réforme, adoptée par 95 des 186 députés présents mercredi, concerne les hommes et les femmes sans ou avec un seul enfant. Si le projet de loi est également adopté par le Sénat, comme cela semble probable, l’âge du départ en retraite augmentera progressivement, de deux mois par an pour les hommes et de quatre mois pour les femmes. Aujourd’hui, les hommes partent en retraite à 62 ans et les femmes sans enfant à 60 ans et quatre mois, un âge qui baisse pour les mères selon le nombre d’enfants.

L’âge du départ en retraite en République tchèque est actuellement l’un des plus bas au sein de l’Union européenne. Dans plus de la moitié des pays membres, l’âge de base est en effet de 65 ans pour les hommes, ainsi que pour les femmes dans certains Etats, même si dans certains autres, la limite reste fixée à 60 ans pour ces dernières. Cette nouvelle mesure en République tchèque, considérée par beaucoup d’économistes et de démographes comme indispensable, vise à répondre aux problèmes causés par le vieillissement de la population. Lorsqu’il avait présenté les grandes lignes de son projet de réforme, il y a un an, le ministre du Travail et des Affaires sociales, Petr Nečas, avait affirmé qu’au rythme où vont les choses aujourd’hui, la charge du système de retraite pourrait représenter la moitié du PIB du pays en 2050, contre environ 8,5 % aujourd’hui.

Autre décision importante, les députés ont soutenu la nouvelle loi sur la police. Selon celle-ci, le corps de police devrait posséder de nouvelles compétences et être allégé de certaines contraintes. Il devrait s’agir des plus importants changements concernant la police de ces quinze dernières années. Concrètement, par exemple, et sous réserve encore du vote des sénateurs, les policiers ne seront plus contraints de se rendre sur les lieux des accidents dont le montant des dégâts est inférieur à 100 000 couronnes (4 000 euros). Mais surtout, la police municipale n’aura plus le droit d’utiliser de radars pour contrôler la vitesse des automobilistes, tâche qui sera réservée à la police nationale. Une décision des parlementaires qui a surpris beaucoup d’observateurs et qui devrait faire jaser dans les municipalités, mais les députés étaient sans doute vraiment pressés d’en finir mercredi et de partir en vacances.