Les Tchèques emprisonnés dans le monde

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Trafic de drogue, proxénétisme, travail au noir, ce sont les délits les plus fréquents commis par les Tchèques purgeant des peines à l'étranger. Après la libération d'Ivan Pilip et Jan Bubenik, des prisons castristes, aucun Tchèque n'est emprisonné, à l'étranger, pour des raisons politiques. Un sujet présenté par Alain Slivinsky.

D'après le porte-parole du ministère tchèque des Affaires étrangères, Ales Pospisil, plusieurs dizaines de Tchèques seraient en prison dans des pays étrangers. Le chiffre précis n'est pas connu, car tous les condamnés n'informent pas les autorités tchèques. On pense qu'ils pourraient être, au maximum, 200. Le ministère affirme qu'aucun Tchèque ne se trouve, actuellement, dans une prison étrangère, pour des raisons politiques ou pour espionnage. Le cas du député Ivan Pilip et son ami, Jan Bubenik, est sans précédent. Les détenus de droit commun ne peuvent compter sur une libération rapide. Rappelons que deux Tchèques ont été condamnés à des dizaines d'années de prison, en Thaïlande, pour trafic de drogue. Le ministère des Affaires étrangères s'efforce, depuis longtemps, d'obtenir leur extradition en Tchéquie. Un problème juridique se pose : la Thaïlande, par exemple, conditionne l'extradition par le fait que le condamné devrait purger le reste de sa peine en Tchéquie. Pour Emil Novotny, un Tchèque condamné à 50 ans de prison à Bangkok, cela voudrait dire que même d'une prison tchèque, il ne sortirait qu'en 2048. Impensable pour la justice tchèque qui ne connaît que 25 ans de prison, au maximum, ou à perpétuité, dans les cas exceptionnels.

La Tchéquie n'est liée par des accords d'extradition qu'avec une centaine de pays. Beaucoup d'autres posent la même condition que la Thaïlande. La juridiction tchèque devrait donc changer dans ce sens, car si les conditions de détention en Europe occidentale ou aux Etats-Unis, sont, souvent acceptables, voire meilleures qu'en Tchéquie, ce n'est pas le cas de la Thaïlande ou d'autres pays. Une réforme que proposait l'ancien ministre de la Justice, Otakar Motejl, mais qui n'est pas passée à la Chambre des députés. Affaire à suivre.