Liquidation des anciens dégâts écologiques : le gouvernement change de stratégie

Le gouvernement tchèque a adopté un projet de liquidation des anciens dégâts écologiques. Selon ce projet présenté par le ministère des Finances, l’Etat confierait la liquidation de l’ensemble des dommages écologiques sur le territoire tchèque à une seule société. Le ministre des finances Miroslav Kalousek affirme que l’objectif de cette initiative est d’obtenir le prix le plus avantageux pour l’Etat.

L’Etat s’est engagé à payer aux propriétaires des terrains pollués la liquidation des dégâts écologiques. Le coût de la liquidation des dommages de la période avant 1992 est évalué à 115 milliards de couronnes, quelque 4,6 milliards d’euros. Miroslav Kalousek explique pourquoi, à son avis, la solution choisie par son ministère serait la plus avantageuse:

«Je suis profondément convaincu qu’un seul appel d’offre, un appel international et étroitement surveillé, réduit l’espace pour toutes les manipulations corruptrices si nous le comparons aux procédés où des appels d’offre concernant des commandes pour seulement quelque 100 millions de couronnes seraient lancés à une cadence de deux ou trois par semaine.»

Le premier ministre Mirek Topolánek qui approuve cette initiative du ministère des Finances, prévoit néanmoins que le projet suscite aussi des critiques :

Mirek Topolánek, photo: CTK
«On peut s’attendre à la résistance de deux groupes au moins. D’une part, il s’agit des sujets qui depuis une dizaine d’années surévaluent deux à cinq fois les prix de la liquidation des dommages écologiques, et d’autre part des propriétaires des terrains où ces dégâts sont liquidés. Il est évidemment avantageux pour ces derniers de procéder dans le cadre de la liquidation des vieux dommages écologiques à la liquidation des dommages nouveaux.»

Les fonctionnaires du ministère des Finances soulignent surtout que cette méthode simplifierait et accélérerait tout le processus. D’après le vice-ministre des Finances Ivan Fuksa elle garantirait également que le prix de l’ensemble de ses opérations ne dépasse pas une certaine limite:

«Il ne faut pas croire que la société en question recevra de l’Etat quelque dizaines de milliards de couronnes pour liquider les dégâts écologiques. Elle liquidera ces dégâts à ses frais et au cours d’une période d’une trentaine d’années elle touchera un salaire de l’Etat pour la réalisation de ces travaux. Nous choissons ce procédé parce que nous voulons que l’Etat et le Parlement sachent avec quelle somme ils doivent compter pour chaque année et chaque budget de cette période.»

Le projet est pourtant critiqué par l’organisation Transparency International estimant que sa réalisation tirerait inutilement de la caisse de l’Etat 30 milliards de couronnes, soit quelque 1,2 milliards d’euros.