Litiges au sein de la coalition gouvernementale tchèque

Zdenek Skromach, Bohuslav Sobotka et Jiri Paroubek, photo: CTK
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La coalition gouvernementale vient de connaître de graves problèmes à propos de l'adoption du projet du nouveau code du travail, mais aussi en liaison avec l'affaire de la privatisation de l'entreprise Unipetrol sur laquelle planent des soupçons de corruption.

Zdenek Skromach, Bohuslav Sobotka et Jiri Paroubek, photo: CTK
Le cabinet du Premier ministre, Jiri Paroubek, est confronté à de graves différends, peut-être les plus graves de son mandat. En effet, la coalition gouvernementale est formée par les sociaux-démocrates, les chrétiens-démocrates et les unionistes, donc une coalition qu'on peut qualifier de « gauche-centre droite ». A la Chambre des députés, pourtant, les chrétiens-démocrates ont voté, mercredi, contre leurs partenaires sociaux-démocrates, en donnant leur voix en commun avec les députés du principal parti de l'opposition de droite, l'ODS, à la formation d'une commission parlementaire qui serait chargée d'examiner la privatisation de l'entreprise Unipetrol. Cette privatisation fait l'objet de soupçons de corruption dans les plus hauts milieux tchèques en raison d'une enquête ouverte par le procureur de la République polonaise, dans le cadre d'une autre affaire de privatisation en Pologne. Le Premier ministre, Jiri Paroubek, bien qu'il ne soit pas directement concerné, à la différence de son prédécesseur, Stanislav Gross, s'est déclaré scandalisé par le vote des chrétiens-démocrates à la Chambre. Dans d'autres conditions, il les chasserait de la coalition gouvernementale, mais il ne le fera pas pour conserver la stabilité dans le pays, a-t-il souligné. Ce n'est pas le seul litige qui anime la coalition. L'adoption du projet du nouveau code du travail a suscité aussi d'âpres discussions. En fin de compte, le projet a été adopté par le gouvernement à majorité social-démocrate, mais les chrétiens-démocrates et les unionistes ont exprimé leur refus. Il semblerait donc que le gouvernement ne pourra faire passer le projet de nouveau code du travail à la Chambre que grâce au soutien des députés communistes, car l'opposition de droite, en l'occurrence l'ODS est résolument contre.
Petra Buzkova et Zdenek Paroubek, photo: CTK
Pourquoi les chrétiens-démocrates refusent-ils le nouveau code du travail ? Parce qu'il donnerait trop de droits aux syndicats. Par exemple le nouveau code stipule que les syndicats dans les entreprises représenteraient tous les employés, qu'ils soient membres ou non de l'organisation syndicale. D'autres passages du code du travail (contrôle accru des syndicats dans les entreprises) sont très critiqués aussi bien par la droite parlementaire que par les représentants des employeurs. Soutien des communistes ? Le ministre du Travail et des Affaires sociales, Zdenek Skromach, n'est pas d'accord :

« Je pense qu'il y a 200 députés à la Chambre et nous rechercherons un soutien auprès de ces 200 députés. Je suis donc persuadé que les chrétiens-démocrates ont une chance d'empêcher une plus grande influence des communistes. »

La coalition gouvernementale tiendra-t-elle jusqu'aux législatives de juin 2006 ? Une question que se posent les observateurs et commentateurs de tous bords.