Mais où sont les femmes ?

Photo illustrative: Momentmal / Pixabay, CC0
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Pourquoi aucune femme tchèque n’a présenté sa candidature à l’élection présidentielle et comment les femmes sont-elles généralement présentées dans les médias ? Quelques réponses dans cette nouvelle revue de presse qui se penche ensuite sur les négociations pour la formation d’un nouveau cabinet qui traînent en longueur. Les hauts et les bas de la cinématographie tchèque et la fermeture des lits dans les hôpitaux tchèque sont deux autres sujets traités. A la fin de cette revue de presse, nous vous proposerons une des nombreuses réactions tchèques à la mort de l’astrophysicien britannique Stephen Hawking.

Photo illustrative: Momentmal / Pixabay, CC0
Pendant que le 8 mars dernier, Miloš Zeman prêtait son serment présidentiel, les femmes du monde entier se sont rappelées, à l’occasion de la Journée internationale des femmes, leur long combat pour l’égalité. hasard du calendrier qui a mené l’auteure d’un texte publié dans le journal internet Deník Referendum à chercher une réponse à la question de savoir pourquoi aucune femme ne figurait parmi les candidats à la fonction présidentielle. Elle a ainsi interrogé huit femmes issues de sphères différentes, dont Táňa Fischerová, présidente du Comité tchèque d’Helsinki. Estimant que cette absence reflète un certain climat au sein de la société qui réclame plus que tout un homme fort, celle-ci a déclaré :

« Dans une situation où les valeurs féminines sont considérées comme une faiblesse et où le mensonge l’emporte sur la vérité, toute femme hésite naturellemt à entrer sur un ring où elle n’a aucune chance non seulement de remporter la victoire mais même d’être appréciée pour son courage. Un miracle comme l’élection d’une femme présidente ne pourra survenir que lorsque les gens refuseront la logique d’une politique qui est dominée par les puissants acteurs économiques et les slogans populistes. »

Pour la politologue Vladimíra Dvořáková, l’explication de cet état de fait est simple. Personne n’était en effet prêt à offrir ne serait-ce qu’un minimum de moyens financiers pour la campagne électorale d’une femme. Et s’investir dans une campagne sans avoir à sa disposition une équipe de coordinateurs capables serait de la folie. Ce qui est, selon elle, important à l’avenir, c’est qu’une éventuelle femme candidate ne représente pas les « femmes », mais tous ceux qui veulent un autre style politique.

Un autre aspect de la position des femmes a été mis en relief par l’eurodéputée tchèque Michaela Šojdrová, signataire du Rapport sur l’image des femmes dans les médias. S’exprimant sur le site aktualne.cz, les femmes sont rarement citées dans les médias en tant qu’expertes. Et seules 18% d’entre elles sont appelées à commenter les événements politiques. En ce qui concerne la République tchèque, elle a, à l’échelle de l’Union européenne, le plus faible nombre de femmes occupant des positions clés dans les médias.

Lorsque les négociations gouvernementales traînent en longueur

Andrej Babiš, photo: ČTK
« Le chaos autour des négociations gouvernementales. » Tel est le titre d’un article publié dans le quotidien Lidové noviny de ce mardi. Il constate que près de 140 jours se sont écoulés depuis les élections législatives sans que le mouvement ANO d’Andrej Babiš, vainqueur du scrutin, n’ait réussi à constituer un cabinet qui puisse s’appuyer sur une majorité à la Chambre des députés. Il remarque que même le président Miloš Zeman qui a donné à Babiš suffisamment de temps pour y parvenir commence à s’impatienter. Dans une analyse publiée également dans le quotidien Hospodářské noviny, son auteur observe :

« Les jours, les semaines et les mois passent et la Tchéquie n’a toujours pas de gouvernement. Peut-on croire que le Premier ministre démissionnaire soit à tel point un incapable ? C’est possible, mais il y a une autre hypothèse qui s’offre et qui veut qu’en fait Andrej Babiš ne souhaite trouver de consensus avec personne. Son but serait en réalité l’organisation d’élections anticipées qui pourraient lui apporter, comme il l’espère, jusque 30 à 40% des voix. Une façon de s’approcher de la majorité parlementaire absolue et de devenir un véritable leader en Tchéquie. »

Aussi sauvage cette hypothèse puisse-t-elle paraître, l’auteur de ce texte signale qu’il existe plusieurs indices qui la confirment, dont, justement, la façon chaotique dont les négociations sur la formation d’un gouvernement sont menées. Rappelant que selon les derniers sondages la cote du mouvement ANO ne cesse de monter, il conclut que cette éventualité s’annonce fort probable.

L’état du cinéma tchèque en 2018

Photo illustrative: StockSnap / Pixabay, CC0
A l’occasion de la cérémonie de samedi dernier des Lions tchèques qui a distingué les meilleures créations de l’année passée, l’hebdomadaire Respekt a publié une analyse qui se penche sur l’état de la cinématographie locale. Avec une cinquantaine de films sortis au cours de l’année 2017 en salle, sa production a été plus riche que jamais. Pourtant, comme le signale le magazine, il n’y a que très peu de films qui méritent réellement de ne pas tomber aux oubliettes. Selon l’auteur de l’article, ce sont la prudence, le caractère provincial et la volonté de satisfaire les goûts d’un spectateur imaginaire qui constituent les traits caractéristiques du cinéma tchèque d’aujourd’hui. Et de rappeler :

« Ce sont les années 1990 qui ont joué un rôle formatif pour la cinématographie tchèque actuelle. Protégé de la concurrence internationale chaque film réalisé à l’époque constituait un événement. C’est aussi à cette époque-là que les films tchèques ont remporté des succès sur la scène internationale, parmi lesquels se distingue l’Oscar du meilleur film en langue étrangère attribué en 1997 au film Kolya. »

Cette cote et des ambitions artistiques authentiques, la production cinématographique locale, basée sur des comédies romantiques niaises, les a perdues au fur et à mesure. Il existe toutefois des voix qui prétendent que le cinéma tchèque se trouve à l’heure actuelle dans une période transitoire qui augure sa proche résurrection... L’auteur d’une note mise en ligne sur le site aktualne.cz estime à son tour que la cérémonie des Lions tchèques de cette année a donné à réfléchir sur les causes du provincialisme de la production cinématographique locale. Le fait que les films tchèques soient rarement sélectionnés, à quelques exceptions près, dans les sections compétitives de divers festivals internationaux, en sont un témoignage éloquent.

Réduction du nombre de lits dans les hôpitaux tchèques

Photo illustrative: Filip Jandourek, ČRo
Chaque année, les établissement hospitaliers tchèques ferment des centaines de lits. Les plus touchés sont les services de chirurgie et de médecine interne, donc ceux auxquels les gens ont traditionnellement le plus souvent recours. Le quotidien Mladá fronta Dnes a apporté à ce sujet plus de précisions :

« Par rapport à l’année 2011 où l’ensemble des hôpitaux tchèques disposaient de près de 82 000 lits, ils n’en n’ont aujourd’hui que près 78 000, soit 4000 de moins en l’espace de sept années seulement. Cette réduction se traduit par le fait que les malades, après avoir été traités dans un hôpital, sont souvent renvoyés chez eux de manière anticipée, ce qui ne répond pas à leur véritable état de santé. Or, au cours des dix dernières années, la durée moyenne de l’hospitalisation a été réduite, passant d’une douzaine de jours à cinq jours et demi. La situation variant d’une région à l’autre, elle se présente très mal, par exemple, dans les régions de Karlovy Vary et de Plzeň. Il y a également certains hôpitaux pragois qui suivent cette tendance. »

C’est en raison d’un manque d’infirmières ou de médecins que les hôpitaux sont obligés de supprimer des lits. Les perspectives pour le maintien des lits existants ne sont guère optimistes, car selon les caisses d’assurance, près de 20% des lits demeurent non utilisés.

Stephen Hawking vu de Tchéquie

Stephen Hawking, photo: ČTK
La mort, ce mercredi, de l’astrophysicien britannique Stephen Hawking a suscité de nombreuses réactions, aussi, sur les réseaux sociaux et dans les médias tchèques. D’après l’économiste Tomáš Sedláček, il y a toute une génération qui a grandi sous son influence, car il a insufflé la fantaisie à nombre de philosophes, théologiens, cinéastes, scientifiques. Il s’est confié pour le site ihned.cz :

« Il ne savait pas marcher, mais nous autres, nous avons boité en trébuchant derrière lui. Il ne pouvait pas parler, mais nous avons dévoré chacun de ses mots. Une brève histoire du temps est le premier livre que j’ai lu en tant qu’étudiant et qui est à l’origine de mon amour pour la physique. Qui aurait pu croire que la physique allait nous donner des réponses à des questions d’ordre philosophique et théologique. Qui aurait pu croire qu’une réalité par excellence physique est plus mystérieuses que les mystères les plus fantasques que nous autres humains aurions pu inventer ? »