Législatives : avec les vacances, encore le calme avant la tempête, mais l’échéance se précise
Un peu plus de deux mois séparent encore les Tchèques des élections législatives, qui se tiendront vendredi 3 et samedi 4 octobre. Un scrutin auquel participeront cette année vingt-huit partis, mouvements et autres coalitions politiques.
Un peu plus de huit millions de Tchèques seront appelés aux urnes, au début de l’automne, pour élire les 200 nouveaux députés qui siégeront pour les quatre prochaines années à la Chambre basse du Parlement. De la composition de celle-ci, ou plus précisément de la répartition des forces en son sein, dépendra ensuite la formation du nouveau gouvernement.
Et à moins qu’une formation ne remporte la majorité absolue des sièges, cas de figure qui ne n’est encore jamais produit dans l’histoire moderne de la Tchéquie, c’est une nouvelle fois une coalition que le président du parti vainqueur du scrutin se devra de mettre sur pied pour succéder au cabinet quadripartite de tendance centre-droit dirigé par Petr Fiala, Premier ministre depuis 2021 et leader de la coalition politique appelée Spolu (Ensemble - qui regroupe le parti conservateur ODS, le parti de centre-droit TOP 09 et le parti chrétien-démocrate KDU-ČSL).
En attendant tout cela, on sait, depuis mardi 16 heures, qui était la date limite pour l’enregistrement des listes de candidats, que vingt-huit partis, formations et groupements politiques les plus divers d’un extrême à l’autre participeront cette année à ces élections. Soit six de plus que lors du précédent scrutin il y a quatre ans. Directeur du département chargé de veiller au bon déroulement de l’organisation des élections au ministère de l’Intérieur, Tomáš Jirovec précise que ce ne sont désormais plus que d’éventuels détails administratifs qui attendent encore les partis, alors que tous ne sont pas en mesure de présenter une liste dans chacune des quatorze régions (Prague compris) que compte le pays :
« Les différents partis disposent désormais d’encore d’environ six jours pour ajouter des candidats ou modifier leur ordre sur leurs listes. Ensuite, si les autorités régionales qui sont chargées d’examiner celles-ci, constatent une quelconque irrégularité d’ici au 6 août, elles donneront un délai de quelques jours aux partis pour faire le nécesssaire, c’est-à-dire modifier ou compléter la liste des candidats. »
ANO, toujours grand favori
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Mais puisque ministres et députés sont actuellement en congés, et alors que de vastes travaux sont en cours dans une Chambre des députés qui s’apprête à faire peau neuve, la campagne électorale lancée officiellement en mai dernier a été mise entre parenthèses le temps de la traditionnelle trêve politique estivale. Cette pause offre ainsi un peu de répit aussi aux Tchèques dont le poids de la participation dans deux mois et plus généralement l’intérêt qu’ils porteront à ces élections pèseront fortement dans les résultats de celles-ci.
Comme depuis plusieurs mois déjà, les derniers sondages, comme celui de l’agence analytique STEM publié dimanche 27 juillet, continuent de faire du mouvement populiste ANO le favori de ces législatives. Principale force de l’opposition à la Chambre des députés, la formation dirigée par l’ancien Premier ministre Andrej Babiš et affiliée aux Patriotes pour l’Europe au Parlement européen bénéficie désormais d’un peu plus de 30 % d’intentions de vote et d’une avance de quelque dix à onze points sur la coalition Spolu.
Derrière ce duo, le parti d’extrême droite SPD (Liberté et démocratie directe) et les centristes libéraux de STAN semblent appeler à se disputer la troisième place avec un résultat tournant autour de 12 %, tandis que la coalition composée des Pirates et des Verts et le mouvement Stačilo ! (Ça suffit !), une alliance d'intérêts dans laquelle figurent notamment le Parti communiste et les sociaux-démocrates, pourraient bénéficier d’un soutien suffisant pour être de nouveau représentés par certains de leurs membres à la prochaine Chambre des députés. Alors qu’aucun représentant d’un quelconque parti de gauche n’y siège actuellement, soit une première historique, il pourrait même s’agir pour ces derniers d’un grand retour sur les bancs du Parlement.







