Budget 2026 : en Tchéquie, une adoption sans cacophonie en vue, a priori
Le ministre des Finances, Zbyněk Stanjura (coalition Spolu), a présenté, dimanche dernier, la première esquisse du budget de l’État pour 2026. Un projet de loi des finances qui table sur un déficit de 286 milliards de couronnes (environ 11,5 milliards d’euros), en hausse, donc, par rapport à celui prévu pour 2025.
Alors qu’en France, le vote de confiance au gouvernement de François Bayrou, qui se tiendra lundi 8 septembre, pourrait bousculer le calendrier budgétaire et plonger le pays dans une nouvelle crise politique, quelques mois seulement après la promulgation déjà particulièrement tardive et ô combien compliquée du budget 2025, en Tchéquie, malgré les inévitables critiques de l’opposition et les habituelles objections des différents ministères, l’adoption par le Parlement dans le courant de l’automne du dernier projet de budget du gouvernement dirigé par le conservateur Petr Fiala devrait, a priori, s’avérer moins problématique. Et ce, même si la possibilité de voir le projet de loi rejeté par la prochaine Chambre des députés, dont la nouvelle composition dépendra des résultats des élections législatives qui se tiendront les 3 et 4 octobre, n’est certainement pas à exclure non plus.
En attendant, donc, de voir dans quelle mesure les cartes seront prochainement rebattues sur la scène politique tchèque, le gouvernement sortant n’a jamais cessé de clamer, tout au long de ses quatre années au pouvoir depuis sa nomination en 2021, que la consolidation des finances publiques constituait une de ses principales priorités, alors que le taux d’endettement de la Tchéquie a atteint 42,5 % du produit intérieur brut à la fin du deuxième trimestre 2025.
Par rapport à 2025, justement, année au bout de laquelle le montant total du déficit devrait s’élever à 241 millards de couronnes (9,5 milliards d’euros), selon le projet adopté par les députés en décembre dernier, c’est donc un solde négatif en hausse de 45 milliards de couronnes (1,8 milliards d’euros) qu’a planifié Zbyněk Stanjura.
« Un budget pour la sécurité et l’indépendance énergétique, deux des priorités du gouvernement », comme l’a aussi lui-même qualifié le ministre. Celui-ci a rappelé la nécessité d’investir dans la construction des deux nouveaux réacteurs souhaités à la centrale nucléaire de Dukovany (18,3 milliards de couronnes - 730 millions d’euros devraient être dépensés dans le cadre de la réalisation du projet en 2026) et celle d’augmenter les dépenses consacrées à la défense (+30,7 milliards de couronnes, soit environ 1,2 milliard d’euros par rapport à 2025), de manière à porter leur part dans le PIB à 2,35 % en 2026.
« Un budget de compromis » aussi, selon le président de la République, Petr Pavel, qui a déclaré qu’il aurait souhaité que le gouvernement porte une oreille plus attentive qu’il ne l’a fait aux recommandations des économistes et gère plus rigoureusement encore les caisses de l’État, tout en admettant que mener une stricte politique d’austérité n’était pas chose aisée dans le contexte social actuel.
Une vision des choses que ne partage pas un ministre des Finances imperméable, ne serait-ce que de façade, aux premières critiques :
« Ce n’est qu’un projet dont nous allons encore débattre durant les trois prochaines semaines au gouvernement. Néanmoins, je pense qu’il s’agit là d’un budget qui, tout en consacrant donc des moyens plus importants à la sécurité et à notre indépendance énergétique, tient compte également de la cohésion sociale, augmente légèrement le niveau de financement de la science et de la recherche, comprend un volume record d’investissements nationaux et respecte toutes les exigences légales, y compris en ce qui concerne la réduction du déficit structurel. Mais bien évidemment, il y aura très probablement encore quelques modifications d’ici la fin du mois de septembre, quand il nous faudra soumettre le projet à l’examen de la Chambre des députés. »
Dans les rangs de la coalition gouvernementale, les reproches et regrets les plus vifs ont été exprimés par les ministères des Transports et de l’Éducation. Tous deux, en effet, devront se débrouiller avec des budgets en baisse, et ce, là aussi, alors que l’éducation notamment est régulièrement présentée comme un domaine prioritaire par le gouvernement.






