OTAN : Washington critique Prague pour son budget de défense jugé insuffisant
Washington a vivement critiqué Prague en raison du niveau de dépenses militaires prévu dans le budget 2026, adopté mercredi et qui ne consacre que 1,7 % du PIB à la défense.
« Tous les alliés doivent assumer leur part de responsabilité et respecter les engagements pris à La Haye en matière de défense », a écrit l’ambassadeur des États-Unis à l'OTAN, Matthew Whitaker jeudi sur le réseau social X. « Ces chiffres ne sont pas arbitraires. Ils répondent à la situation actuelle - et cette situation exige que 5 % devienne la norme. Pas d’excuses, pas d’exceptions. »
Lors du sommet de l’OTAN à La Haye l’an dernier, les alliés s’étaient accordés sur un nouvel objectif en matière de dépenses de défense : 3,5 % du PIB pour les dépenses strictement militaires et 1,5 % supplémentaires pour des investissements liés, notamment dans la cybersécurité. Avec 1,7 % prévu en 2026, Prague figurerait parmi les pays de l’Alliance qui consacrent la plus faible part de leur richesse nationale à la défense.
À titre de comparaison, la Slovaquie voisine ainsi que la France ont un budget 2026 qui prévoit 2% de leur PIB respectif pour les dépenses liées à la défense.Le Premier ministre tchèque Andrej Babiš, souvent présenté comme le « Donald Trump tchèque », n’a pas pour autant échappé aux critiques venues de Washington, également relayées et traduites en tchèque par l'ambassade des Etats-Unis à Prague.
Les députés de l’opposition ont également critiqué la baisse des dépenses consacrées à la défense et à la sécurité. « Au moment où nous devrions investir dans la défense, Alena Schillerová et le cabinet d’Andrej Babiš proposent au contraire des coupes dans ce domaine - c’est incompréhensible, condamnable et profondément préjudiciable pour toute la République tchèque », a déclaré le président de l’ODS, Martin Kupka.
Dans l'OTAN depuis 27 ans
De son côté, la ministre des Finances Alena Schillerová (ANO) s'est défendue, après l’adoption du budget, en indiquant que les dépenses de défense prévues pour cette année resteraient malgré tout les plus élevées de l’histoire, « tant en valeur nominale qu’en proportion du PIB ».
Le président tchèque Petr Pavel, ancien général et ancien haut responsable de l’OTAN, a également exprimé ses réserves concernant les coupes globales prévues dans le budget 2026. Malgré ses désaccords avec Andrej Babiš (avec lequel il doit s’entretenir mardi) sur la politique de défense, il a toutefois indiqué qu’il ne mettrait pas son veto au projet de budget.
L’Espagne avait elle aussi refusé l’été dernier d’endosser l’objectif des 5 % du PIB pour les dépenses de défense. Madrid s’est néanmoins engagée à respecter les objectifs capacitaires de l’OTAN, qui définissent les équipements et moyens militaires que chaque pays doit mettre à disposition de l’Alliance, dont Prague fait partie depuis 27 ans presque jour pour jour (adhésion le 12 mars 1999).
Le budget de l’État adopté par les députés de la majorité mercredi à Prague table sur un déficit public en 2026 de 310 milliards de couronnes, soit plus de 12,6 milliards d’euros.






