Foot : sur la route de la Coupe du monde, le Danemark, dernier obstacle pour les Tchèques

Jan Kliment (11) célèbre avec ses coéquipiers le but décisif marqué lors de la séance de tirs au but

La République tchèque peut continuer à rêver de participer à la phase finale de Coupe du monde de football en juin prochain. Malgré une entame de match cauchermardesque, la Reprezentace, menée de deux buts après 23 minutes de jeu, est finalement venue à bout de l’Irlande au bout du suspense (2-2, 4-3 aux tirs au but) en demi-finale des barrages, jeudi soir à Prague. Pour décrocher son billet pour son premier Mondial depuis vingt ans, Pavel Šulc et ses partenaires devront toutefois encore battre le Danemark en finale, mardi prochain toujours à Prague.

Jan Kliment marque le but décisif lors de la séance de tirs au but contre l'Irlande en demi-finale des barrages de la phase européenne des qualifications pour la Coupe du monde de football | Photo: Michal Kamaryt,  ČTK

« Les Tchèques sont toujours en vie », s’est exclamé le commentateur de la Télévision tchèque après que l’attaquant Jan Kliment, qui avait remplacé Pavel Šulc pendant la prolongation, a réussi le cinquième tir au but décisif qui a envoyé son équipe en finale des barrages. Avec ce succès arraché au bout de la nuit, la Coupe du monde, objectif qui semblait devenu pratiquement impossible à atteindre l’automne dernier après la défaite historique concédée aux îles Féroé (1-2) en match de groupe, s’est donc rapprochée un peu plus. Si la Reprezentace, qui aura une nouvelle fois l’avantage d’évoluer devant son public, bat le Danemark mardi soir prochain, elle se qualifiera pour sa première phase finale depuis 2006.

Miroslav Koubek | Photo: Pavel Lebeda,  ČTK

« Il a fallu batailler contre un excellent adversaire. J’avais dit que ce serait une ‘guerre’, et cela l’a été avec une issue heureuse pour nous. Nous savions que ce serait un match extrêmement exigeant en termes de duels, d’engagement et de rythme. Ce qui a été déterminant, c’est d’avoir fait preuve d’un moral et d’un état d’esprit exceptionnels pour revenir au score. Notre performance est encore brute de décoffrage, ce que nous avons montré a été loin d’être parfait. Admettons aussi que la chance a tourné en notre faveur, mais je veux croire que cette qualification est un premier pas qui nous rendra plus forts. »

Comme tous les supporters tchèques et irlandais, Miroslav Koubek, nouveau sélectionneur de 74 ans nommé en décembre dernier, est lui aussi passé par toutes les émotions pour son premier match à la tête de l’équipe nationale.

Ladislav Krejčí exulte après avoir marqué lors d'un match de demi-finale des barrages de la Coupe du monde de football | Photo: Vít Černý,  ČTK/AP

La République tchèque, qui était encore menée (1-2) à cinq minutes de la fin du temps réglementaire, a beaucoup souffert, mais à force d’obstination,  elle est finalement d’abord parvenue à égaliser grâce à un coup de tête de son capitaine Ladislav Krejčí (86e minute) avant, donc, d’être délivrée au terme de la séance de tirs au but, grâce notamment à deux arrêts de son gardien Matěj Kovář.

« On n’a pas très bien commencé avec ces deux buts encaissés très tôt, mais on s’en est sortis en se serrant les coudes et on continue notre chemin. C’est ce qui compte le plus. Je suis content d’avoir aidé l’équipe, je m’étais bien préparé à d’éventuels tirs au but avec les entraîneurs des gardiens. Je les remercie pour leur excellent travail. Cela a fonctionné aujourd’hui, Dieu merci ! »

Matěj Kovář | Photo: Pavel Lebeda,  ČTK

Avant ces tirs au but, c’est déjà sur penalty que l’Irlande, bien mieux entrée dans la rencontre que les Tchèques, avait ouvert le score par Troy Parrott (19e). Et lorsque Matěj Kovář, quatre minutes seulement plus tard, avait inscrit un but contre son camp à la suite d’un cafouillage, portant alors le score à 0-2, on se disait que c’était une nouvelle triste soirée qui commençait pour la Reprezentace.

Heureusement pour elle, Patrik Schick, lui aussi sur penalty, a rapidement réduit le score peu avant la demi-heure de jeu et redonné espoir à des Tchèques qui, jusqu’au bout, malgré toutes leurs limites techniques, ont eu le mérite de croire en leur étoile. Et même s’il ne figurait que sur le banc des remplaçants au coup d’envoi, Tomáš Souček, milieu défensif et ancien capitaine de cette sélection entré en jeu à la mi-temps, aura une nouvelle fois symbolisé cette volonté tchèque de ne rien lâcher :

Tomáš Souček | Photo: Michal Kamaryt,  ČTK

« Je joue pour la Tchéquie et je suis là pour rendre service. On peut me prendre le brassard, mais on ne peut pas me prendre mon cœur. Et même si je n’ai pas commencé le match, je suis content d’avoir pu aider l’équipe. L’intérêt collectif passe avant tout le reste. Tout le monde connaît l’importance de ces barrages, car cela fait vingt ans que la Tchéquie n’a plus participé à une Coupe du monde. Même le président de la République est venu nous féliciter dans le vestiaire après le match. Nous savons que nous pouvons écrire une page de l’histoire de notre football, mais il reste devant nous un adversaire de meilleure qualité encore que l’Irlande contre lequel un autre match très difficile nous attend. »

Un adversaire qui sera donc le Danemark, après sa nette victoire contre la Macédoine du Nord (4-0) obtenue jeudi soir à Copenhague dans l’autre demi-finale de ces barrages. Et d’ici à mardi prochain, c’est toute la République tchèque qui va désormais retenir son souffle...