« Siriri établit un pont entre nos deux Républiques, tchèque et centrafricaine »

ONG tchèque spécialisée dans l’aide au développement en République centrafricaine, Siriri fête cette année le 20e anniversaire de sa fondation. Un anniversaire fêté comme il se doit à Prague, dimanche 10 mai, qui a aussi été l’occasion de rencontrer le père carme Mesmin Martinus Dingbedi, responsable à Bouar d’un nouveau projet d’élevage de bétail dont le lancement doit beaucoup au programme de coopération au développement de la diplomatie tchèque.

Mesmin Martinus Dingbedi | Photo: Guillaume Narguet,  Radio Prague Int.

« Je m’appelle Mesmin Martinus Dingbedi, je suis père carme Déchaux et centrafricain. Je suis délégué provincial en Centrafrique. Après mon engagement définitif dans l’ordre, je me suis occupé de la formation de nos jeunes qui se préparaient à devenir religieux et prêtres. Ensuite, mes supérieurs ont jugé opportun de me responsabiliser et de continuer à travailler en collaboration avec la province carmélitaine mère en Italie pour l’avenir du Carmel en Centrafrique. »

Vous êtes ici à Prague à l’occasion du 20e anniversaire de  Siriri et c’est la raison pour laquelle nous avons le plaisir de vous rencontrer. Vous avez participé à la fête qui s’est tenue dans un café pas loin du Château de Prague. Comment s’est-elle passée ?

« J’ai d’abord été touché par l’organisation même de la fête et par les interventions des différents invités. Mais, surtout, cela a été pour moi l’occasion de revoir certains volontaires de Siriri qui sont déjà venus en Centrafrique et avec qui nous avons coopéré. Cela restera donc un très bon souvenir. »

Pour vous, en tant que Centrafricain, que représente l’action de Siriri, qui a développé différents projets en République centrafricaine depuis donc vingt ans ?

« À mes yeux, cette action de Siriri représente un levier, un soutien ou un appel au développement sur plusieurs dimensions dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’agriculture ou, donc, de l’élevage. En un mot, les œuvres sociales. Ce lien que Siriri tisse entre la République tchèque et nous, les Carmes, en Centrafrique, je le qualifierais de salutaire. Il nous aide à consolider une bonne collaboration et à nous ouvrir les uns aux autres pour le bien commun. Donc, oui, j’apprécie beaucoup cette action. »

La République centrafricaine est confrontée à différents problèmes, certains très graves, qu’ils soient d’ordre sécuritaire, social ou encore économique. Vous aves expliqué que ce passage à Prague était pour vous l’occasion d’échanger avec les volontaires tchèques engagés dans cadre de l’action de Siriri. Quels sont les retours que vous en avez ?

« Ce que je garde de souvenir ou de positif, c’est que les volontaires de Siriri, quand ils vont en République centrafricaine, découvrent les réalités. Certes, notre pays est encore pauvre et se cherche pour au moins être en voie de développement, mais leur présence et les soutiens multiformes que Siriri apporte à la République centrafricaine, c’est aussi un appel, une invitation à travailler aussi en partenariat avec notre pays qui souffre sur les plans sécuritaire, économique ou éducatif. Je qualifierais aussi cela de pont que Siriri établit entre la République centrafricaine et la République tchèque pour le développement. »

Si nous vous rencontrons également, Mesmin, c’est parce qu’un nouveau projet d’élevage de bétail a vu le jour l’année dernière avec le soutien de l’ambassade de République tchèque au Nigeria.

Photo: Siriri

« Effectivement, notre couvent Saint-Élie, qui se trouve dans le diocèse de Bouar (à 450 kilomètres au nord-ouest de Bangui, à proximité de la frontière avec le Cameroun) a bénéficié du soutien financier de l’ambassade de République tchèque à Abuja, pour le projet ‘Bovins’. Nous avons reçu 20 000 euros pour la réalisation de ce projet. Avec ces fonds, nous avons construit une étable et acheté le bétail pour commencer un élevage avec pour objectif à terme de parvenir à une auto-prise en charge et de lancer un processus tendant à une autonomie financière, car, jusqu’à présent, nous dépendons de notre province-mère en Italie. C’est grâce à  Siriri que nous avons pu bénéficier de ces fonds et que ce projet a pu être réalisé. Nous veillons à le développer pour que l’activité soit plus productive et bénéfique à la fois pour la population environnante et pour nous-mêmes. Il ne suffit tout simplement pas de prier ou de prêcher l’Évangile. Il faut aussi savoir travailler avec les mains et développer les potentialités que nous avons pour tendre vers une autonomie financière qui n’est pas facile à atteindre. Mais nous entendons bien y parvenir ! »

Photo: Siriri

C’est un projet qui pour l’instant se déroule à un seul endroit ou qui tend à se développer dans d’autres régions du pays ?

« Pour l’instant, ça se développe dans un endroit, mais nous avons aussi déjà eu d’autres financements venant toujours de la République tchèque dans le même domaine de l’agriculture et de l’élevage. Dans la capitale de Bangui, nous avons une grande ferme qui a bénéficié aussi de financements pour développer l’agriculture et l’élevage. »

Nous nous nous trouvons pour cet entretien ici dans un endroit bien connu de Prague, juste à côté de l’église où se trouve la statue de l’enfant Jésus de Prague. Est-ce qu’avec lui aussi vous avez l’occasion d’échanger lors de vos passages à Prague ?

L’Enfant Jésus de Prague | Photo: Ondřej Tomšů,  Radio Prague Int.

« Oui, nous sommes ici dans le sanctuaire de l’Enfant Jésus où vivent mes confrères carmes. C’est d’ici que cette dévotion à l’Enfant Jésus, après plus d’ampleur, est arrivée en Italie, puis en Centrafrique où notre petit séminaire ainsi qu’une paroisse lui ont été dédiés. Pour moi, cette dévotion est aussi une invitation à encourager les Tchèques à se tourner vers l’Enfant Jésus pour lui confier leurs intentions et surtout pour la paix et le bien commun. »

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