À 20 ans, la sensation Jakub Menšík à Roland-Garros, qualifié pour les demi-finales

Jakub Menšík

Jakub Menšík poursuit sa chevauchée fantastique à Roland-Garros. Mardi soir sur le court Philippe-Chatrier, le jeune Tchèque a livré une nouvelle performance de premier plan pour sortir le Brésilien Joao Fonseca en trois sets (6-3, 6-4, 7-6) en quarts de finale. Vendredi, contre l’Allemand Alexander Zverev, il disputera la première demi-finale dans un tournoi du Grand Chelem de sa carrière. Et s’il ne sera pas favori contre l’actuel n° 3 mondial et tête de série n° 2 à Paris, tout semble néanmoins désormais possible pour lui.

« C’est pour ça que je joue au tennis. » Ça ? Les émotions que ressentait Jakub Menšík, mardi soir, à la sortie du Court central après sa brillante victoire contre Joao Fonsesca dans un match entre deux jeunes hommes âgés respectivement de 20 et 19 ans présenté comme un duel de la nouvelle génération. Il faut dire que le deuxième meilleur joueur tchèque acteul selon le classement ATP, 27e mondial avant le début de la quinzaine parisienne, avait objectivement toutes les raisons d’être ravi.

Jakub Menšík et João Fonseca | Photo: Anne-Christine Poujoulat,  AFP/Profimedia

Même s’il a eu besoin de sept balles de match pour plier l’affaire au bout d’un troisième set de très haute volée, le Tchèque a, tout au long du premier quart de finale en Grand Chelem de sa carrière, impressionné tout à la fois par son aisance technique, la puissance de ses frappes, ses montées au filet, sa gestion de l’événement et plus globalement par sa sérénité, y compris au plus fort de la pression dans le tie-break alors que la majorité du public souhaitait alors voir le Brésilien l’emmener dans une quatrième manche.

Contre un adversaire qui avait fait tomber Novak Djokovič et le Norvégien Casper Ruud lors des deux tours précédents, Menšík, soutenu par ses parents présents dans les tribunes, a pris le dessus dans tous les compartiments du jeu dès l’entame de la partie. Parvenant à breaker sans concéder sa mise en jeu dans chacune des deux premières manches, le natif de Prostějov s’est d’abord appuyé sur des relances qui ont parfois même semblé démoraliser le Brésilien. « Tout à fait, le retour a été l’une de mes armes principales aujourd’hui. Mon service a bien fonctionné également. Cela m’a permis d’enchaîner les points, de rapidement mener au score dans les deux premiers sets et je pense que cela a été l’un des éléments-clés du match. Ça fait beaucoup de bien », a-t-il confié à l’envoyé spécial de la Radio tchèque.

Comme lors des trois tours précédents, que ce soit le duel épique en cinq sets au 2e contre l’Argentin Mariano Navone qu’il avait fini perclus de crampes puis ensuite ses probants succès contre l’Australien Alex De Minaur et le Russe Andrey Rublev, respectivement 7e et 13e mondiaux, Menšík a aussi fait valoir une force mentale qu’il a expliquée travailler depuis déjà plusieurs années avec son préparateur Dragan Vujovič :

« Je continue de m’améliorer sur ce point. Parfois, ça a l’air facile, mais dans les moments décisifs, c’est ce qui m’aide à faire pencher la situation en ma faveur. Aujourd’hui, c’était un match très intense que beaucoup de monde attendait. Les vingt ou trente dernières minutes ont été complètement folles. Nous avons tous les deux joué un tennis exceptionnel et, justement, il y a eu de nombreux moments décisifs. Je suis donc très heureux d’avoir su rester calme et concentré même après avoir laissé passer plusieurs balles de match alors que le score était de 6-5. Au tie-break, j’ai réussi à élever encore mon niveau de jeu et à conclure le match. »

Jakub Menšík | Photo:  Christophe Saidi,  Sipa Press/Profimedia

Vivement vendredi

Place donc maintenant à la demi-finale contre un Alexander Zverev qui, avec son statut de n° 3 mondial et avec les éliminations prématurées de Jannik Sinner et de Djokovič, ou encore l’absence de Carlos Alcaraz, fait désormais figure de principal prétendant à une victoire finale à Roland-Garros. Une perspective que Menšík, que l’on n’attendait pas forcément voir briller sur une terre battue qui n’est pas sa surface préférée, affirme aborder l’esprit tranquille :

Jakub Menšík | Photo: Glenn Gervot,  Xinhua News / Profimedia

« Je suis extrêmement reconnaissant de pouvoir être ici et de réaliser de telles performances. Et surtout, d’être à 100 % de mes moyens. Je pense qu’à ce stade de la compétition dans un tournoi du Grand Chelem, où il ne reste plus que les quatre meilleurs joueurs, les écarts de niveau se réduisent et tout le monde peut vraiment battre n’importe qui. Je ne dis pas que je suis favori, mais je veux croire qu’il y a une grande chance que mon parcours ne s’arrête pas en demi-finale. Je suis impatient de disputer ce prochain match. Gagner un Grand Chelem a toujours été mon plus grand rêve. Même si je n’ai encore jamais été plus prêt d’y parvenir, c’est encore très loin. Je suis tout simplement heureux d’être là où j’en suis. J’ai maintenant deux jours de repos devant moi, je vais me reposer, bien me préparer et prendre les choses commes elles viennent, balle après balle. »

Jakub Menšík | Photo: Glenn Gervot,  Xinhua News / Profimedia

Fin avril, en huitièmes de finale du Masters 1 000 de Madrid, sur une terre battue différente de celle de Paris et lors de l’unique affrontement entre les deux joueurs jusqu’à présent, Zverev avait dominé Menšík en trois sets (6-4, 6-7, 6-3). « C’est un style de jeu très particulier, c’est donc une bonne chose de savoir ce qui m’attend vendredi. Plus le tournoi avance, mieux je joue. Et puis à Madrid, c’était un duel serré en deux sets gagnants. Ici, la situation est différente : un match bien plus important en cinq sets nous attend à un stade plus avancé du tournoi. J’ai vraiment hâte de relever ce défi ! »

Une impatience partagée par ses supporters toujours plus nombreux en Tchéquie et plus généralement par les amateurs de tennis curieux de voir comment Jakub Menšík, qui en cas de nouvelle victoire deviendra le premier joueur tchèque à se qualifier pour une finale à Roland-Garros depuis Petr Korda en 1992, relèvera ce qui se présente comme le plus grand défi d’une carrière professionnelle entamée sur le circuit ATP il y a trois ans et dont le plus beau titre, jusqu’à présent, reste le Masters 1 000 de Miami en 2025.

aucun résultat trouvé