Courir à Prague : l’ascension de la colline de Petřín

La vue depuis de la colline de Petřín

A Prague, difficile de manquer la colline de Petřín et sa tour, évoquant la Tour Eiffel, qui domine la ville. Mais derrière ce paysage de carte postale se cache aussi l’un des parcours les plus exigeants pour les coureurs. 

La colline de Petřín | Photo: Inès Cuvillier,  Radio Prague Int.

Courir à Petřín n’est pas de tout repos. Votre cardio sera mis à rude épreuve tandis que vos jambes risquent de s’en souvenir le lendemain. Mais l’effort s’accompagne d’une récompense : depuis cette colline qui domine Prague, la vue est imprenable sur la Vltava et le château de Prague.

Si vous cherchez un itinéraire plat pour votre footing du dimanche, passez votre chemin. Ici, le maître-mot est simple : le dénivelé.

La mémoire des victimes du communisme | Photo: Inès Cuvillier,  Radio Prague Int.

Au départ de l’arrêt de tram Újezd, juste à côté du Monument à la mémoire des victimes du communisme, les premiers mètres donnent immédiatement le ton. Le parcours grimpe en lacets, avec des pentes raides dès le début et très peu de portions plates. Heureusement, une règle finit toujours par s’appliquer : quand on monte, on redescend forcément.

Clara, coureuse toulousaine en échange universitaire à Prague, a fait du dénivelé de cette colline un défi pendant son semestre :

« Personnellement, je préfère y faire mes séances de fractionné, donc je prends le chemin qui monte, un peu en zigzag. J’alterne entre périodes de fractionné en vitesse et temps de repos, et je fais ça pendant toute la montée. Ça permet de faire passer le temps plus vite, et je trouve ça plus sympa que de simplement faire un footing. Je pense qu’en simple footing, je n’aurais jamais réussi à tenir toute la montée. »

La vue depuis de la colline de Petřín | Photo: Inès Cuvillier,  Radio Prague Int.

Cette boucle d’environ cinq kilomètres privilégie les chemins sans escaliers, pour garder une foulée la plus régulière possible. Les allées alternent entre goudron, pavés et sentiers forestiers.

La colline de Petřín | Photo: Inès Cuvillier,  Radio Prague Int.

Tout au long de la montée, les coureurs se font rares. Ici, les véritables sprinteurs du parc sont souvent… les chiens. Le silence n’est troublé que par la respiration, de plus en plus saccadée.

Après environ deux kilomètres d’ascension et plus d’une centaine de mètres de dénivelé, on atteint enfin le sommet. On peut aussi prolonger la pause avec des cafés, des restaurants, un musée, un labyrinthe de miroirs ou de simples bancs face à Prague. Ici, l’ambiance change complètement : familles, touristes, groupes scolaires… la colline retrouve toute son animation.

La Tour de Petřín | Photo: Inès Cuvillier,  Radio Prague Int.

Une fois au sommet, l’effort semble déjà oublié. La Tour de Petřín apparaît, enfin. Surnommée la « petite sœur de la Tour Eiffel », elle a été construite en 1891, seulement deux ans après son modèle parisien, à l’occasion de l’Exposition jubilaire de Prague. Elle constitue le plus haut belvédère de Prague.

Clara, habituée à la Tour Eiffel, reste sur sa faim :

« Honnêtement, ne gaspillez pas votre argent à monter en haut. Elle mesure 67 mètres de haut, mais la vue panoramique est déjà assez impressionnante, voire incroyable, depuis le haut du parc. Franchement, je pense que c’est un attrape-touristes. »

Et juste à gauche de la Tour de Petřín se trouve un détail qui peut sauver la sortie : un point d’eau. Après cette rude montée, il est difficile d’y résister.

La colline de Petřín | Photo: Inès Cuvillier,  Radio Prague Int.

Très vite, les chemins se retrouvent plongés sous les arbres. Agréablement ombragés, ils rendent la descente particulièrement plaisante, même en plein été. Selon la saison, le décor change complètement : au printemps, les cerisiers en fleur donnent presque au parc une ambiance japonaise ; quelques semaines plus tard, ce sont les cerises qui attirent les plus gourmands.

La roseraie | Photo: Inès Cuvillier,  Radio Prague Int.

Plus haut, la Tour de Petřín attire les visiteurs autant pour son symbole que pour le défi de la montée. Mais il serait dommage de s’arrêter là. Clara se confie sur son endroit préféré du parc :

La colline de Petřín | Photo: Inès Cuvillier,  Radio Prague Int.

« Une fois arrivée à la roseraie, je trouve que c’est hyper joli. C’est le bon moment pour souffler. C’est très sympa, tout est beau. Ça change des autres parcs avec toutes ces fleurs colorées. Je me retrouve dans cet aspect très végétal, ça sort un peu du commun pour courir, et je trouve que ça égaye la sortie. »

Derrière la tour, Petřín révèle une autre facette, plus discrète. Au fil des foulées, le paysage change : un petit lac, un bâtiment aux airs de temple antique, des jardins fleuris, et les vestiges de l’ancien vignoble qui couvrait autrefois toute la colline.

Et bientôt, il sera possible d’y monter autrement : le funiculaire, en rénovation, devrait probablement être remis en fonction en septembre 2026… mais pour les coureurs, pas de triche.

À moins d’être adepte des forts dénivelés, Petřín se prête davantage à une séance de côtes ou à une promenade qu’à un footing léger. Si vous cherchez un itinéraire où chaque montée est récompensée par une nouvelle vue sur Prague, difficile de trouver mieux.

La vue depuis de la colline de Petřín | Photo: Inès Cuvillier,  Radio Prague Int.
Auteur: Inès Cuvillier
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