Port du masque en République tchèque : un pas en avant, deux pas en arrière

Foto: Mircea Iancu, Pixabay / CC0

Modification des règles relatives à l’obligation du port du masque, démission de l’épidémiologiste en chef du ministère de la Santé ou encore réduction de quatre jours de la durée de la période d’isolation pour les personnes ayant fait l’objet d’un test positif au Covid-19. La République tchèque a beau avoir été souvent citée en exemple au printemps dernier pour sa gestion de la crise du coronavirus, la confusion y règne désormais à l’approche de la rentrée.

Le 18 août dernier, le ministre de la Santé annonçait qu’à compter du 1er septembre, le port d’un masque de protection des voies respiratoires serait de nouveau obligatoire en République tchèque dans tous les lieux publics clos, ou presque.

Trois jours à peine plus tard, après avoir été invité à discuter entre quatre yeux avec le Premier ministre, un Andrej Babiš autoritaire qui avait qualifiée « d’incompréhensibles » les diverses mesures présentées par son ministre, le même Adam Vojtěch annonçait, cette fois la queue entre les jambes, que, finalement, après mûre réflexion, les choses se passeraient différemment. Comment? Le masque ne sera obligatoire ni dans les écoles, ni dans les commerces, ni dans les bars et restaurants, pas plus que pour certains types de services rendus dans des lieux clos comme dans les salons de coiffure ou chez les esthéticiennes.

Rastislav Maďar, photo : Věra Luptáková, ČRo

Forcément, cette volte-face en a étonné beaucoup, reposant la question de l’intérêt d’imposer le port du masque dans certains lieux clos plutôt que d’autres. Conséquence de quoi aussi, ce lundi, Rastislav Maďar, s’estimant victime de ce qu’il a qualifié de « coup sous la ceinture », a jeté l’éponge et a démissionné de ses fonctions d’épidémiologiste en chef auprès du ministère de la Santé, où depuis avril dernier il était le coordinateur du groupe de travail chargé de décider des mesures anti-Covid-19.

Lundi toujours, le ministère de la Santé a publié un ensemble de nouvelles mesures spéciales relatives non seulement aux règles du port du masque, mais aussi à la durée de quarantaine, réduite de 14 à 10 jours à compter du 1er septembre pour les personnes ayant fait l’objet d’un test positif au Covid-19 et celles ayant été en contact avec celles-ci, et à l’organisation des divers types de rassemblements. Une publication qui vise à clarifier les choses autant que faire se peut, comme l’a précisé Adam Vojtěch :

Adam Vojtěch, photo : ČTK / Michal Krumphanzl

« Le but est de faire en sorte que tout le monde soit le mieux informé possible. Le masque ne sera obligatoire partout que dans les endroits où le risque de contamination est le plus élevé. Mais là où la concentration de gens est importante et où les règles de distanciation sociale ne peuvent pas être respectées, nous recommandons de porter le masque. Nous voulons éviter les confusions. »

Autrement dit, sauf si la situation épidémiologique se dégrade, le port du masque en République tchèque ne sera prochainement obligatoire que pour l’ensemble des transports en commun, dans les bâtiments recevant du public où l’activité est d’ordre administratif, dans les hôpitaux, dans les autres centres de soins et sociaux comme les cabinets médicaux ou les maisons de retraite, ou encore dans les salles de spectacles, les musées et les églises, et pour tous les événements en intérieur rassemblant plus de 100 personnes.

Photo : Michaela Danelová, ČRo

De même, seuls restent autorisés les rassemblements de 500 personnes maximum dans les lieux fermés et de 1 000 personnes pour les événements se tenant en plein air. En revanche, dans les lieux où la capacité d’accueil est plus importante, comme dans les stades ou les salles de concert, un public plus nombreux sera autorisé à condition que les spectateurs soient répartis dans différents secteurs ou tribunes.