Presse : le monde post-coronavirus, l’eurozone, la sécheresse et le tourisme à Prague

Photo illustrative: ČTK/Michaela Říhová

Cette nouvelle revue de presse présente d’abord quelques observations au sujet de la possible évolution du monde après le coronavirus. Elle se penche ensuite sur le refus de l’euro par la Tchéquie dans le contexte de la situation actuelle. Il y sera également question de la sécheresse qui affecte le pays déjà en ce mois d’avril. Le tourisme à Prague ne sera plus le même qu’avant la pandémie : explications également dans ce magazine. Un regard inédit enfin sur l’accident d’Apollo 13, cinquante ans après.

Photo illustrative: ČTK/Michaela Říhová
Comment sera le monde après le coronavirus ? Cette question qui surgit très fréquemment dans l’espace public préoccupe aussi les commentateurs des journaux tchèques. L’hebdomadaire Echo, par exemple, note :

« Il est évident que le monde après la pandémie ne sera plus le même et que beaucoup de choses vont changer. Toutefois, les grandes tendances géopolitiques sont en ce moment incertaines. Discuter du rôle qui sera joué dans le monde par la Chine ou réfléchir sur l’avenir de l’Union européenne serait alors prématuré. Cela concerne aussi les interrogations liées à la mondialisation et au commerce international. »

D’un autre côté, le commentateur de l’hebdomadaire Echo repère certaines nouvelles tendances étant à même de contribuer à ce que la Tchéquie devienne un endroit à vivre plus développé, plus riche et plus plaisant. La montée en puissance de la biochimie et de la pharmacie, le renforcement des achats en ligne, la généralisation du travail à domicile et un style de vie plus sain font partie de ces tendances potentielles.

L’hebdomadaire Respekt se penche pour sa part sur certaines leçons à tirer de l’actuelle pandémie. L’augmentation du prestige des experts est l’une de celles qu’il souligne :

« Les événements autour du Brexit et l’accès au pouvoir de Donald Trump ont renforcé le scepticisme à l’égard des experts. La pandémie a cependant montré que leur rôle lors dans la gestion de l’Etat était irremplaçable. Si, en janvier dernier encore, on ne savait pas très bien ce à quoi pouvaient servir les épidémiologistes, maintenant c’est vers eux que l’on se tourne pour suivre leurs recommandations et apprécier leurs connaissances. Une expérience qui accentue l’importance d’une éducation et d’un enseignement supérieur de qualité ».

Les événements des dernières semaines rappellent aussi, toujours selon l’hebdomadaire Respekt, que chaque pays est appelé à disposer d’un système de santé doté d’une quantité suffisante d’équipements modernes.

Le bon moment pour adopter l’euro

Photo: Filip Jandourek, ČRo
La possibilité de puiser dans le fonds européens réservés aux pays de la zone euro, ainsi que la récente décision de la Bulgarie d’adhérer au mécanisme ERM-II ont incité un commentateur du quotidien économique Hospodářské noviny à constater que, s’agissant de l’adoption de l’euro, la République tchèque a raté une nouvelle fois le coche. Il écrit :

« A l’heure actuelle, la Tchéquie serait probablement une ‘eurofiancée’ sollicitée, car l’Union européenne a besoin d’une impulsion forte. En agissant comme la Bulgarie, la Tchéquie raffermirait la monnaie européenne tout en renforçant la position des politiciens tchèques au sein de l’Union. Néanmoins, l’idée de participation à la monnaie commune est en Tchéquie politiquement morte et ce en dépit du fait que le pays remplisse les critères pour son adoption. Durant les vingt dernières années, les représentations politiques ont pris l’habitude de porter sur la monnaie européenne un regard négatif et d’influencer dans ce sens la majeure partie de la population. Ainsi, la Tchéquie qui a un gouvernement qui se veut proeuropéen, n’a pas l’euro et même pas de date définie de son adoption. »

La cause de ce refus ? « En ce qui concerne l’opinion publique, elle est banalement nostalgique. Les gens craignent de perdre leur bonne vieille couronne tchèque », explique le commentateur de Hospodářské noviny. Les politiciens quant à eux ne veulent pas perdre le contrôle sur l’évolution monétaire et sur la gestion qui est pourtant dans le monde globalisé assez fictif. Et de conclure :

« Après le coronavirus, un nouveau chapitre va s’écrire. L’Union européenne en sortira plus renforcée ou se dirigera vers sa dislocation. La Tchéquie a la chance de devenir un de ses moteurs. Pour y arriver, elle doit ressusciter l’idée initiale d’adoption de l’euro, ce qui lui permettrait d’abandonner la périphérie de l’Union et de rejoindre son noyau ».

La sécheresse, un problème plus inquiétant que le coronavirus ?

Photo illustrative: andreas160578/Pixabay, CC0
La Tchéquie est affectée par une sécheresse peu commune qui se fait actuellement sentir dans l’ensemble du pays. « Si ce constat est à dresser dès ce mois d’avril, comment se présentera la situation, par exemple, en août ? », s’inquiète le commentateur du site aktualne.cz qui écrit :

« La sécheresse qui affecte le pays depuis cinq ans déjà a tendance à s’aggraver. Faute de pluie et de neige en montagne en hiver, le pays manque cruellement d’eau. Les réserves d’eau souterraine sont faibles, les rivières elles aussi manquent d’eau. Pourtant, cette situation ne nous a pas pris au dépourvu comme le coronavirus dont l’apparition a montré à quel point il était important d’être préparé ou du moins de réagir promptement. »

Le commentateur émet le doute que la lutte contre la sécheresse ne fasse pas désormais partie des priorités gouvernementales. « La pandémie coûtant des centaines de millions de couronnes, il est effectivement fort probable qu’il n’y ait pas assez de moyens qui pourraient être consacrés à cette fin », remarque-t-il avant d’ajouter :

« La sécheresse n’est pas la même chose que le Covid-19. Elle nous accompagne depuis de longues années déjà, nous savons qu’elle existe et que la population y est plus sensibilisée que jamais. Pourtant, on n’en fait que très peu pour y faire front comme si le gouvernement et les régions ne réalisaient pas que le temps d’agir se raccourcit rapidement. L’eau est une chose dont on ne peut se passer. Voilà pourquoi la sécheresse constitue un problème plus grave, plus dangereux et plus désastreux que le coronavirus. »

Prague de demain : un autre tourisme

Prague, photo: Nemo Jo/Pixabay, CC0
A l’heure actuelle, le tourisme en Tchéquie et en particulier dans sa capitale est complètement à l’arrêt. Les dommages qui en résultent et qui touchent l’ensemble de l’hôtellerie et de la restauration sont inestimables. Le quotidien Mladá fronta Dnes précise :

« D’après une analyse de l’agence CzechTourism, le secteur du tourisme doit s’attendre non seulement à des pertes financières qui sont évaluées à près de 60 milliards de couronnes, mais aussi à la disparition de près de 36 mille postes de travail. Ceux-ci rassemblent des professions très variées, dont celle de guide, par exemple, qui est à Prague exercée par un millier de personnes. »

De l’avis de la municipalité Prague, la situation actuelle comporte également un côté positif, car elle permet d’assainir le tourisme notamment au centre de la ville. Mladá fronta Dnes explique :

« Avant l’épidémie, le conseil municipal a souvent dénoncé les problèmes liés au tourisme de masse et les excès qui y sont liés, comme des soirées alcoolisées dans les rues ou dans les appartements loués sur Airbnb. Le tourisme de demain devrait être alors foncièrement différent de ce qu’il était précédemment. Plusieurs scénarios sont élaborés, parmi lesquels se distingue celui qui mise sur un autre type de touristes et sur le tourisme local. Une façon d’offrir Prague aux Tchèques qui, jusqu’ici, ne représentaient que quelque 16% de la totalité de ses visiteurs ».

Le 50ème anniversaire du vol d’Apollo 13 et son inspiration

Apollo 13, photo: Kim Dismukes/NASA, public domain
« L’atterrissage sur la Lune est devenu le symbole d’un succès incontestable. Le rappel du 50ème anniversaire d’Appollo 11 auquel le monde entier s’est joint l’année dernière en dit d’ailleurs long. » C’est ce que l’on peut lire dans un texte rédigé pour le quotidien Lidové noviny de ce mercredi et dans lequel son auteur explique pour quelle raison il apprécie plus encore la mission du vaisseau Appollo 13 qui a réussi, malgré un accident grave, à s’en sortir et se sauver:

« Cette semaine, le 50ème anniversaire de cette mission spatiale qui n’a pas abouti est passé presqu’inaperçu. Mais la situation dans laquelle nous nous retrouvons invite à porter sur cet événement un nouveau regard qui permet de considérer son dénouement heureux comme un grand succès. Il s’agissait effectivement d’une situation désespérée qui nécessitait de l’improvisation et des démarches inédites. Dans cette optique, le sauvetage d’Apollo 13 représente la plus grande réussite dans l’histoire des vols pilotés dans l’espace ».

D’après ce que le commentateur de Lidové noviny suggère, on peut y voir un certain parallèle avec la crise que nous sommes en train d’affronter. « Aujourd’hui également, le monde doit faire face à une situation pour laquelle il n’a pas été entraîné », écrit-il.