Presse : un an de présidence de Petr Pavel

Petr Pavel en Israël

Cette nouvelle revue de presse réfléchira tout d’abord sur la première année du mandat présidentiel de Petr Pavel. Il y a sera également question de l’approche des Tchèques à l’égard de l’uniforme à l’école et de l’intérêt croissant porté dans le pays au hockey sur glace féminin. Un autre sujet traité : le refus  par le Sénat de ratifier la Convention d’Istanbul. Un mot enfin sur le concours Czech Press Photo.

Un an vient de s’écouler depuis l’élection de Petr Pavel à la présidence de la République tchèque. L’occasion pour l’éditorialiste du journal Hospodářské noviny d’en dresser un bref bilan qui n’est pas, selon lui, univoque :

« D’une part, il y faut saluer la façon parfaite du président de se présenter à l’étranger, ses voyages à travers le pays et l’effort évident déployé afin de freiner la polarisation de la société. De même, si l’on compare l’actuel président à son prédécesseur, l’image de Petr Pavel est clairement positive. Il ne fréquente pas, comme Miloš Zeman, les dictateurs du monde entier. Il ne remet pas en cause nos services secrets. Il ne contourne pas la constitution. Il n’insulte pas les gens. »

D’un autre côté, comme l’observe l’éditorialiste, « le président semble manquer d’aplomb sur le plan politique, ce qu’illustrent le récent chaos qui règne au sein de la chancellerie présidentielle et certaines défaillances liées à l’exercice de ses pouvoirs. » Ses récentes déclarations, selon lesquelles un seul mandat suffit, sèment également le doute :

« Cela donne à croire que Petr Pavel veut simplement faire son travail, un peu comme s’il s’agissait d’une mission militaire à accomplir, mais pas tout à fait agréable. Mais ce n’est pas ainsi que doit se comporter un homme politique à qui un grand nombre de personnes ont confié leurs espoirs. Or, il doit être conscient non seulement de ce qu’il représente, mais aussi de ce qu’il est appelé à défendre. Pour beaucoup, il est effectivement devenu un point d’ancrage géopolitique et démocratique, qui sera particulièrement important si les forces nationalistes-populistes remportent les prochaines élections. Il faut désormais espérer qu’il finisse par réévaluer son point de vue. »

« Quels sont donc les points marquants de la première année du mandat présidentiel de Petr Pavel? », s’interroge pour sa part l’éditorialiste du journal économique. Et de répondre :

« Malgré tous les problèmes et imperfections mentionnés, des points positifs prévalent. Petr Pavel a réussi à changer le climat au sein de la société. Sa cote de popularité auprès du public demeure d’ailleurs toujours élevée. Toutefois, pour conserver ces aspects positifs, il devrait devenir davantage un homme politique, une personne qui prend des positions authentiques et qui cherche à les promouvoir avec détermination et intérêt ».

Le journal en ligne Forum24 note à ce propos :

« Le président Pavel n’a pas eu besoin d’être dans la haute politique tchèque pendant vingt ans pour comprendre la place et l’avenir du pays. Il est devenu un chef d’Etat qui représente la République tchèque en tant que partenaire de l’Occident, de l’Union européenne et de l’OTAN avec dignité et détermination. Mais surtout, le président le fait sans offenser ou ostraciser ceux qui dans l’opinion publqiue tchèque voient les choses différemment. «

Des uniformes dans les écoles tchèques ?

Les disparités entre les riches et les plus pauvres se font sentir en Tchéquie également chez les écoliers. Un constat mis en évidence par l’inspection scolaire tchèque et la récente enquête internationale PISA. Le journal Lidové noviny s’est intéressé à l’éventualité de la mise en place des uniformes dans les écoles :

Photo illustrative: cottonbro studio,  Pexels

« D’après ce que les débats menés sur les réseaux sociaux confirment, une majorité des parents accueilleraient favorablement une telle démarche. Pour les uns, les uniformes à l’école contribueraient à brouiller les distinctions, pour d’autres, elles leur permettraient de gagner du temps et de ne pas avoir à réfléchir aux vêtements à préparer pour leur enfant le matin. Les uniformes sont également plébiscités par les directeurs et les enseignants des écoles, privées pour la plupart, qui ont mis en place cette mesure de leur propre gré. Ils se félicitent du fait que les uniformes scolaires contribuent à effacer les différences socio-économiques entre les familles et constituent un des outils profitant aux bonnes relations entre les élèves. »

Mais bien que certaines écoles et les parents fassent l’éloge de l’uniforme, le monde politique reste sceptique. Le journal rapporte que les autorités tchèques n’envisagent pas leur introduction générale dans les écoles avant d’ajouter : « Pourtant, si une école prend une telle décision, aucune loi ne l’empêche de le faire. »

Un intérêt grandissant pour le hockey sur glace féminin

« L’intérêt accordé au hockey sur glace féminin qui ne cesse de grandir est un phénomène particulier. » C’est ce qu’a constaté un chroniqueur de l’hebdomadaire Respekt en rapport avec le succès des joueuses tchèques de moins de 18 ans qui ont gagné aux récents championnats du monde féminin à Zoug en Suisse la médaille d’argent, après avoir battu le Canada en demi-finale. Il l’a replacé dans un plus large contexte :

Les championnats du hockey sur glace féminin à Zoug en Suisse | Photo: Český hokej

« Vu sa position géographique et les conditions météorologiques du pays, le hockey sur glace en Tchéquie peut être perçu comme une certaine anomalie. Pourtant, il y demeure un des sports les plus populaires. Depuis toujours, il s’est appuyé sur les traditions et les expériences masculines, sur les succès remportés par les hommes et les garçons qui le prenaient pour une discipline leur appartenant de manière exclusive. Mais désormais il s’avère clair que les jeunes filles aussi peuvent s’employer, dès huit ou dix ans, à pratiquer le hockey sur glace et qui sont aussi habiles pour bien patiner, manier le palet et marquer un but. »

En Tchéquie, les compétitions pour les joueuses de moins de quinze ans sont actuellement inexistantes. Mais à partir de cet âge-là, comme l’explique le chroniqueur, les hockeyeuses peuvent s’inscrire dans l’un des cinq clubs de la compétition féminine locale ou dans des clubs en Amérique du nord ou en Scandinavie. « La création d’une première ligue féminine professionnelle au Canada et aux Etats-Unis donne les chances à une grande carrière », explique-t-il.

La Tchéquie ne veut toujours pas de la Convention d’Istanbul

La semaine dernière, le Sénat a rejeté la ratification de la Convention d’Istanbul. Le site aktualne.cz a à ce propos remarqué :

Source: Conseil de l'Europe

« La ratification de la Convention d’Istanbul a été bloquée par des personnes qui ne veulent pas  voir le monde tel qu’il est. Des personnes qui refusent non seulement d’aller de l’avant, mais qui entendent revenir là où l’on ne se trouve plus. Il s’agit donc d’un choc entre l’ancien monde et le monde d’aujourd’hui. De nombreux sénateurs et sénatrices ont ferraillé contre le mot ‘genre’ et pour la ‘famille traditionnelle’. Ils l’imaginent probablement comme une famille où la femme est subordonnée à l’homme et où les lesbiennes et les gays sont tolérés, mais pas autorisés à vivre comme les autres couples mariés. Les nombreux jeunes qui ne sont pas pris en compte et dont les voix ne sont pas écoutées peuvent considérer ceci comme une forme de trahison ».

Selon l’éditorialiste du site aktualne.cz, ce refus a également mis en relief le fait que nous n’en faisons pas assez contre les violences à l’égard des femmes et la violence domestique dans notre pays.

La colère en photos

« La photographie qui a remporté la dernière édition du Czech Press Photo témoigne de la montée en puissance de l’agressivité et du radicalisme au sein de la société tchèque. » C’est ce qu’a indiqué la chroniqueuse du journal Deník N en lien avec le verdict du jury prononcé ce mardi avant de raconter :

La photographie de l’année par Roman Vondrouš | Photo: Musée national

« Alors que l’année dernière, un an après le début de l’invasion russe en Ukraine, le concours Czech Press Photo a été dominé par cette guerre, cette fois-ci, le champ de bataille s’est en partie déplacé sur le front local. La photographie primée, œuvre de Roman Vondrouš de l’Agence de presse tchèque ČTK, montre un conflit violent qui s’est déroulé en juillet dernier dans un tribunal de Prague où trois personnes, actives sur la scène de la désinformation, étaient jugés. Selon le jury, le cliché qui s’inscrit dans  la série Emeutes au tribunal, illustre la colère d’une grande partie de la société à l’égard des politiciens, son indignation étant richement nourrie par la désinformation. »

Le journal rapporte que près de 4 000 travaux sous forme de clichés ou de projections de 236 auteurs de Tchéquie et de Slovaquie ont participé à la 29ème édition de ce concours.