Spiritueux: les produits tchèques commencent à se faire connaître à l'étranger

Beton

Cette semaine était organisé par Ubifrance à Prague un premier salon de spiritueux. L’occasion de poser quelques questions à Eric Gaudet, correspondant en France de magazines gastronomiques asiatiques et américains et organisateur de ce premier salon.

« Pour notre première édition, il y a des producteurs d’armagnac, de cognac, rhum, eau de vie, etc. Il y a surtout des producteurs français mais pas seulement, il y a des spiritueux tchèques, grecs... Le but est de développer la culture des spiritueux et de fournir un outil de travail aux producteurs pour présenter les spiritueux, qui forment une catégorie à part au sein de la gastronomie. »

Avez-vous un aperçu du marché des spiritueux en République tchèque ?

« Il semblerait que le marché se porte relativement bien par rapport à d’autres marchés ailleurs en Europe et dans le monde. Il suffit d’aller dans les bars et restaurants et on voit que la consommation a l’air de tenir. »

Qu’est-ce qu’on consomme ici ?

« Apparemment de tout, il semblerait qu’il y ait comme en France un développement de la culture de spiritueux et un changement dans le mode de consommation : on est moins dans la consommation traditionnelle comme le digestif et on passe plus à des pratiques de cocktails, de ‘senior fooding’ et d’associations entre spiritueux et nourriture. »

La référence ici reste la Becherovka, rachetée par une société française...

« Oui, c’est important pour Pernod-Ricard, qui est du coup leader, je pense, sur le marché local. Cela fait partie de la culture locale et je pense que c’est une bonne chose que ces spiritueux aient maintenant les moyens de se développer. »

Il y a toujours eu ici une grande tradition de consommation de Metaxa, un spiritueux grec consommé également sous le communisme. Que connaissent les Tchèques des spiritueux français ?

« D’après ce que je sais, ce sont les grands noms des spiritueux français comme cognac, armagnac et rhum qui sont connus. Les grandes maisons sont connues mais les producteurs plus petits tentent aussi de se faire une place à côté des grands noms. »

Est-ce qu’il faut faire des efforts sur les prix quand on veut s’installer sur le marché tchèque ?

« Il y a des produits à tous les niveaux de prix. Chaque catégorie peut trouver son marché. Nous voulons proposer un éventail le plus large possible pour que les gens puissent choisir. »

Est-ce que le marché des spiritueux a beaucoup souffert de la crise ?

« Ça dépend des régions... Certaines ont été profondément marquées, d’autres beaucoup moins. L’Asie n’a quasiment pas souffert par exemple. »

Est-ce que des producteurs tchèques commencent à être connus et reconnus à l’étranger ? On sait que Jelínek a commencé à acheter des usines au Chili avec des champs de poires Williams pour développer ses activités...

« On commence à connaître les Tchèques à l’étranger. Il y a ici une longue tradition et culture tchèque de distillation et d’eau de vie, essentiellement de fruits. Jelínek est un bon exemple. Au départ ce n’était pas très gros et c’est en train de devenir une grande maison. On commence à les voir en France et un peu partout, les gens commencent à apprécier. Je pense qu’il y a d’autres producteurs qui ne demandent qu’à se développer et à avoir accès à d’autres marchés. C’est justement ça qu’on essaie de faire, pour permettre à toutes les maisons et pas seulement aux grandes de se faire connaître. »