Vers une nouvelle politique des visas entre la Tchéquie et certains pays

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Les Tchèques qui désirent se rendre aux Etats-Unis, au Canada ou en Australie, doivent faire une demande de visa. Les citoyens de ces pays arrivent en République tchèque sans obligation de visa. Le ministre des Affaires étrangères, Cyril Svoboda, demande à ce que les conditions d'entrée sur le territoire tchèque soient aussi rigoureuses pour les ressortissants de ces pays que pour ceux des autres pays.

Cyril Svoboda, photo: Zdenek Valis
Le projet de rendre plus sévère le contrôle de l'entrée et du séjour des citoyens des Etats-Unis, du Canada et d'Australie sur le territoire tchèque a suscité de nombreuses réactions. Tout le monde est d'accord sur le point qu'il n'est pas très équitable que ces citoyens puissent venir en République tchèque pour une période de moins de trois mois sans obligation de visa, alors que les Tchèques désireux de se rendre dans ces trois pays doivent faire une demande de visa et sont l'objet de sévères contrôles de leurs polices d'immigration. Naturellement, le chef de la diplomatie tchèque admet que les conditions sont différentes dans chacun de ces pays. Les Etats-Unis suivent leur juridiction et l'abolition des visas dépend du respect de celle-ci par les Tchèques. Pour le Canada, la situation est un peu différente : Cyril Svoboda affirme que ce pays a introduit les visas pour les Tchèques en raison de la vague d'émigration de Roms vers le Canada, il y a quelques années. Aujourd'hui, la situation a changé, et il n'y a aucune raison de maintenir l'obligation de visas canadiens pour les Tchèques. La situation est semblable pour l'Australie. Alors que le ministre de l'Intérieur, Frantisek Bublan, est plutôt contre, car cela concerne ses services, police des frontières et douanes, le Premier ministre, Jiri Paroubek, est pour un durcissement des contrôles des ressortissants des pays mentionnés. Il affirme même que son ministre des Affaires étrangères aurait dû présenter ce projet depuis longtemps. Il est persuadé, en effet, que ce contrôle plus rigoureux pourrait pousser les gouvernements américains et canadiens à accélérer la procédure d'abolition des visas pour les Tchèques. Le porte-parole de l'ambassade américaine à Prague, Jan Krc, a déclaré lundi que les autorités américaines respecteront la décision du gouvernement tchèque. Du côté du monde du tourisme, on est plutôt contre toute forme d'obstruction et des mesures qui ne contribueraient en rien au développement du tourisme, comme l'explique le président de la section tchèque de la plus grosse association des professionnels du tourisme, ASTA, dont le congrès vient juste de débuter à Prague, Karel Dach :

« D'un côté, il y a, certes, la fierté nationale, mais de l'autre il faut prendre en compte la mondialisation du tourisme. Le touriste américain n'est certainement pas le responsable des mesures décidées par les autorités, mesures qui compliquent les voyages et les séjours des touristes aux Etats-Unis ou au Canada. »

Le président de l'Association des agences de voyages tchèques, Ladislav Havel, est du même avis et est aussi persuadé que l'instauration de contrôles plus sévères conduirait à la baisse des revenus provenant du tourisme.