Victimes des coupes budgétaires, les parcs nationaux en Tchéquie limiteront leurs activités
En raison des coupes budgétaires prévues par le ministère de l’Environnement, les parcs nationaux tchèques devront se serrer la ceinture dès cette année. Les deux plus grands parcs du pays, dans les massifs de la Šumava et des Monts des Géants, devront ainsi supprimer plusieurs dizaines d’emplois et très probablement limiter leurs activités.
Jeudi 26 février, le nouveau ministre de l’Environnement, Igor Červený, et le chargé de la politique environnementale auprès du gouvernement, Filip Turek, tous deux membres du parti des Automobilistes, ont rencontré les représentants des quatre parcs nationaux tchèques, d’abord pour leur expliquer que les restrictions budgétaires et la restructuration qui les accompagne étaient une nécessité. Selon la stratégie gouvernementale, les parcs seront désormais tenus d’assurer eux-mêmes une partie de leur financement, en puisant dans leurs réserves que le ministère estime « suffisamment importantes ». Igor Červený a toutefois assuré les directeurs des parcs qu’en cas « d’événements imprévus » le ministère restait prêt à leur apporter son soutien.
Ces restrictions budgétaires concerneront plus concrètement deux des quatre parcs nationaux tchèques. En Moravie, le Parc de la vallée de la rivière Dyje (Narodní park Podyjí), qui est aussi le plus petit parc du pays, restera relativement épargné, de même que le Parc de la Suisse de Bohême (Národní park České Švýcarsko), créé en 2000 dans le nord de la Tchéquie. Tandis que ces deux sites naturels ne devront économiser ensemble que près de deux millions de couronnes, la situation est tout autre pour les deux autres parcs, beaucoup plus vastes et anciens.
Le budget du Parc national de la Šumava, dans le sud de la Bohême, sera réduit de 70 millions de couronnes (2,9 millions d’euros) et la suppression d’une quinzaine de postes a été demandée à son directeur Pavel Hubený. « Les licenciements en tant que tels n’apportent aucune solution. Certes, cela permet d’économiser l’argent des salaires, mais ce sont autant d’employés qui vont nous manquer. Nous manquons d’ores et déjà de gardiens et d’agents spécialisés », a réagi ce dernier à l’annonce de cette décision. Pavel Hubený explique aussi que l’exploitation de la forêt ne permettra pas de combler cette perte financière, l’activité étant limitée par la loi.
Le Parc national de la Šumava entend donc fermer ses centres d’accueil à Kvilda et à Srní, et ce, bien que ceux-ci soient très fréquentés par le public. Mais les écologistes s’inquiètent de conséquences plus graves encore : « Les parcs nationaux ne seront plus en mesure d’acheter les drones et les équipements de surveillance permettant de signaler d’éventuels incendies », a déclaré Jaromír Bláha de l’organisation environnementale DUHA.
Pour sa part, le Parc national des Monts des Géants (KRNAP), confronté à une réduction de 34 millions de couronnes (1,4 millions d’euros) de son budget, devra lui aussi procéder à des licenciements. L’administration du KRNAP, le plus ancien parc national tchèque depuis sa fondation en 1963, compte 238 employés permanents. Selon la direction, les suppressions de postes limiteront les activités liées au tourisme, à l’éducation et à l’organisation d’événements destinés au public.
Selon le projet présenté, le ministère de l’Environnement disposera pour cette année d’un budget d’un montant inférieur de 531 millions de couronnes (21,7 millions d’euros) à celui qui avait été initialement envisagé par le précédent gouvernement. Celui-ci tablait sur un montant de 20,85 milliards de couronnes (850 millions d’euros).
Outre les parcs nationaux, d’autres institutions seront elles aussi concernées par cette volonté d’économies. Parmi elles notamment l’Institut hydrométéorologique tchèque, dont le budget pour 2026 a été réduit de 20 millions de couronnes et qui devra licencier 37 salariés.






