Victoire amère pour l'ODS

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La victoire a donc un goût amer pour l'ODS et pour son chef, Mirek Topolanek. Une victoire pourtant remportée avec un nombre de voix record dans la jeune histoire du parti. Mais celui qui se voyait déjà Premier ministre à l'annonce des sondages réalisés samedi à la sortie des bureaux de vote va désormais devoir faire preuve d'un certain talent de négociateur s'il veut parvenir à prendre la tête d'une coalition gouvernementale soutenue par une majorité à la Chambre des députés.

Le président Vaclav Klaus et Mirek Topolanek, photo: CTK
Lundi matin, Mirek Topolanek était déjà au Château de Prague, siège du président Vaclav Klaus, qui lui a confié la tâche de former un nouveau gouvernement. Un gouvernement que le chef de l'ODS a indiqué vouloir former avec les chrétiens-démocrates du KDU-CSL et les Verts (SZ), dont nous reparlerons dans quelques instants.

Quelles sont les chances pour un tel gouvernement de voir le jour et de fonctionner? Minces, selon la plupart des observateurs, étant donné que même si ces trois partis parviennent à se mettre d'accord, ils ne disposent pas de majorité stable à la Chambre basse et ne peuvent, au jour d'aujourd'hui, compter que sur le soutien de 100 des 200 députés qui qui y siègent. A une voix près, si l'on peut dire - car la position des Verts n'est pas encore claire -, la scène politique tchèque se retrouve dans une situation de Pat, l'expression favorite des Tchèques empruntée aux échecs et employée pour désigner une situation totalement bloquée.

Mirek Topolanek, photo: CTK
Aux termes de la Constitution, le gouvernement, nommé par le président de la République, doit obtenir la confiance des députés dans les trente jours suivant les élections. Si le cabinet ainsi nommé n'obtient toujours pas ce vote de confiance après la deuxième tentative, le chef du gouvernement sera alors nommé sur proposition du président de la Chambre des députés, le social-démocrate Lubomir Zaoralek.

Nombreux sont ceux qui envisagent déjà une grande coalition entre les deux principaux partis du pays, un « accord de coalition » au parfum de déjà-vu, puisque déjà conclu en 1998 entre l'ancien Premier ministre Milos Zeman et l'actuel chef de l'Etat, Vaclav Klaus, qui avait perdu les élections alors qu'il était encore à la tête de l'ODS, le parti qu'il a fondé et dont il reste le président d'honneur.

Une grande coalition « à l'allemande » qui reste une hypothèse rejetée, pour l'instant, par les deux parties intéressées. Les prochaines semaines pourraient apporter leur lot de surprises et de revirements de situation, des revirements auxquels la politique tchèque est déjà habituée. Ce lundi pourtant, le parti sorti vainqueur de ces élections semble décider à former une coalition tripartite dite « de droite », qui obtiendrait le soutien d'un, voire de plusieurs députés dans les rangs de la gauche.