C'est déjà fini !

Pavel Nedved, photo: CTK
0:00
/
0:00

La République tchèque a fait ses adieux à la Coupe du monde de football. Battus (0-2) par l'Italie, jeudi, à Hambourg, les joueurs de Karel Brückner ne terminent qu'à la troisième place du groupe E, derrière l'Italie et le Ghana qualifiés de leur côté pour les huitièmes de finale. C'est une énorme déception pour une équipe que beaucoup considéraient comme un prétendant potentiel à la victoire finale avant le début du tournoi.

Pavel Nedved, photo: CTK
Malgré un début de rencontre prometteur avec notamment un Pavel Nedved omniprésent, les Tchèques n'ont jamais semblé en mesure d'inquiéter véritablement une équipe italienne une nouvelle fois hyper réaliste. Milan Baros et Pavel Nedved ont eu beau se procurer les premières occasions de but de la partie, c'est pourtant l'arrière central de la Squadra Azzura Marco Materazzi qui ouvrait le score de la tête peu avant la demi-heure de jeu suite à un corner et une erreur de marquage de la défense. Sonnés, les Tchèques étaient définitivement assommés en fin de première mi-temps après que leur milieu de terrain Jan Polak ait été renvoyé prématurément aux vestiaires par l'arbitre pour deux interventions fautives successives grossières et inutiles. Dès lors, le sort du match était scellé, les Italiens contenant avec leur maîtrise habituelle les rares velléités d'une équipe tchèque découragée et doublant même froidement la mise par Filippo Inzaghi en fin de partie histoire d'enfoncer définitivement le clou. En conférence de presse d'après match, c'est donc une analyse sans faux-fuyants de la défaite que dressait Karel Brückner:

Milan Baros et Karel Brückner, photo: CTK
« Tout d'abord, je dirais que nous avons perdu trop de joueurs, admettait l'entraîneur tchèque. Nous avons été privés de nos quatre meilleurs attaquants et il faut ajouter les absences de Tomas Ujfalusi en défense et de Tomas Galasek en milieu de terrain. A cause de toutes ces absences, l'équipe a également perdu de la taille et cela explique en partie le premier but italien encaissé de la tête sur corner et les problèmes que nous avons eus sur les coups de pied arrêtés qui sont habituellement un de nos points forts. En ce qui concerne les fautes et les expulsions, je considère que c'est totalement incompréhensible et inadmissible. Les joueurs avaient été avertis, même par écrit ! Une expulsion signifie la fin des chances de victoire. Défendre à dix un résultat, c'est encore possible, mais pas renverser le cours d'un match, en plus contre une très forte Italie. Ce n'est même pas une question de discipline, mais de stupidité. Et nous avons payé le prix de cette stupidité. A partir de là, nous ne pouvions plus rien espérer d'autre contre l'Italie. »

Petr Cech, photo: CTK
Aligné d'entrée malgré sa blessure, Milan Baros, trop souvent esseulé à la pointe de l'attaque, est rarement parvenu à mettre en danger la défense italienne. Mais selon lui, les raisons de l'élimination se trouvent autre part :

« Nous étions dans un groupe difficile et nous avons perdu beaucoup de joueurs qui, s'ils n'avaient pas été blessés, auraient joué. Ce ne sont pas des excuses, c'est la réalité. Malgré tout, je pense que ceux qui les ont remplacés ont bien joué et nous n'avons pas à avoir honte de quoi que ce soit. En revanche, nous pouvons regretter le match contre le Ghana. Nous savions que si nous faisions match nul, nous avions 90% de chances de nous qualifier. Mais c'est aussi le football, il faut reconnaître qu'il y avait deux équipes meilleures que la nôtre dans ce groupe qui poursuivent la compétition et nous, nous rentrons à la maison. »

Pavel Nedved, photo: CTK
Le retour prématuré au pays est d'autant plus douloureux pour certains joueurs que ce match contre l'Italie était sans doute leur dernier en sélection, même si le capitaine Pavel Nedved est resté prudent sans ses déclarations :

« Je ne sais pas si c'était mon dernier match en sélection. Je vais réfléchir sur la suite à donner ou non à ma carrière, même en club. Pour l'instant, je préfère ne pas me prononcer, car j'ai besoin de me reposer et je suis très déçu. Mais je vais avoir 34 ans et ce sera difficile de prendre la bonne décision. Cela va aussi dépendre du sort de la Juventus Turin, même si, heureusement, j'ai beaucoup de propositions d'autres clubs. Vraiment, pour l'instant, je ne peux pas en dire plus. »

Quoiqu'il en soit, avant même que ne se soient disputés les derniers matches du premier tour, vendredi, le groupe tchèque était déjà de retour à Prague. Pour sa première participation à une phase finale de Coupe du monde depuis seize ans, on en attendait quand même un peu plus...