Covid-19 : la Tchéquie confrontée à une deuxième vague

Foto: ČTK/Luděk Peřina

Avec plus de 14 000 cas actifs de Covid-19 ce lundi et plus de 2 000 nouveaux cas enregistrés durant le week-end, la République tchèque se range désormais parmi les pays européens les plus touchés par le nouveau coronavirus.

Les chiffres le confirment : sur les deux dernières semaines, et pour 100 000 habitants, la Tchéquie est le troisième pays de l'UE le plus impacté par la maladie, derrière l'Espagne et la France. Parmi les pays où, la semaine dernière, le nombre de nouveaux cas a monté en flèche, figure également l’Autriche voisine. A Vienne comme à Prague, on constate l’arrivée d’une « deuxième vague » de l’épidémie de Covid-19. L’épidémiologiste Roman Prymula, en charge de la science et de la recherche dans le secteur de la santé au sein du gouvernement tchèque, a confirmé cette réalité :

Roman Prymula, photo: Archives du Gouvernement tchèque

« Personnellement, j’estime que la deuxième vague de l’épidémie est bien là. Nous ne sommes pas encore confrontés à une explosion du nombre d’hospitalisations, mais celle-ci est toujours à redouter, car il faut prendre en compte le décalage de deux à trois semaines dû au délai d’incubation. Environ 290 personnes sont actuellement hospitalisées, soit 200 de plus qu’il y a dix jours. »

L’épidémiologiste prévoit un rebond des contaminations au Covid-19 en Tchéquie au cours des prochaines semaines avant que ne se manifestent les effets positifs des mesures de restriction qui viennent d’entrer en vigueur notamment à Prague et en Bohême centrale. Parmi elles, la limitation des horaires d’ouverture des bars et restaurants.

Adam Vojtěch et Andrej Babiš, photo: ČTK/Ondřej Deml

Pour empêcher que le nombre de patients présentant des symptômes graves de la maladie dépasse les capacités d’accueil des hôpitaux tchèques, le gouvernement pourrait, selon le ministre de la Santé, réinstaurer d’autres mesures cette semaine, en fonction de l’évolution de la situation sanitaire. Le ministre Adam Vojtěch a évoqué, ce lundi, une éventuelle limitation de la participation aux rassemblements.

Souvent critiqué pour ne pas avoir réintroduit les mesures anti-coronavirus à temps, le Premier ministre Andrej Babiš se montre rassurant :

« Il n’y a pas besoin de renouveler le fonctionnement de l’état-major de crise. La situation n’est pas similaire à celle du printemps dernier, où la police a surveillé les frontières. Je ne trouve pas la situation critique. (…) Les hôpitaux tchèques peuvent prendre en charge jusqu’à 4 800 malades du Covid-19, tandis que nous en sommes à présent à 288 hospitalisations. »

D’après le chargé gouvernemental pour l’informatique, quelque 500 personnes, dont des militaires et des étudiants en médecine, aident les services hygiéniques du pays à tracer les contacts des malades.

Photo: ČTK/Luděk Peřina

Alors que la semaine dernière, les laboratoires ont effectué en moyenne 15 000 tests par jour, ce nombre devrait être porté à 40 000 d’ici un mois. Par ailleurs, le dépistage du Covid-19 devrait être encore facilité par un test salivaire ultra rapide qui permet de connaître le résultat en 45 minutes. Il  devrait être disponible en République tchèque dès le mois d’octobre.