Drogues : le nombre de toxicomanes n'augmente plus

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Le nombre de consommateurs problématiques de drogue est resté stable tandis que le nombre de jeunes âgés de moins de seize ans ayant déjà eu une expérience avec les drogues a baissé. Tels sont les deux principaux enseignements qui ressortent du Rapport annuel sur les drogues en République tchèque pour 2006 qui a été rendu public, lundi, par le Centre national de monitoring pour les drogues et les dépendances aux drogues.

Au total, ce ne sont pas moins de 3,87 millions d'aiguilles et de seringues que les quatre-vingt-dix centres d'aide aux toxicomanes répandus dans le pays et leurs employés sur le terrain, aussi appelés « streetworkers », ont distribuées en 2006, soit 600 000 de plus qu'en 2005. Une augmentation spectaculaire qui pourrait faire croire que la situation du phénomène des drogues ne s'améliore pas en République tchèque mais qui ne trahit pourtant que partiellement la réalité. Le nombre de consommateurs dits problématiques, estimé à un peu plus de 30 000 pour l'année dernière, s'est en effet maintenu à un niveau qui, depuis quatre ans, ne fluctue que très peu. Cette catégorie des consommateurs problématiques regroupe les consommateurs de pervitine, une spécialité locale largement répandue et fabriquée à base d'éphédrine, les consommateurs d'opiacés ainsi que les usagers par injection, l'intraveineuse étant le mode de consommation choisi par une écrasante majorité des toxicomanes tchèques.

L'élément le plus positif selon les auteurs du rapport reste cependant l'information selon laquelle le nombre de jeunes âgés de moins de seize ans ayant consommé ne serait-ce qu'une fois une drogue quelconque diminue. Une petite révolution dans la mesure où, à en croire les statistiques, la République tchèque fait partie des pays où les jeunes s'étant essayé à un stupéfiant sont parmi les plus nombreux. Ainsi, tandis qu'il y a encore cinq ans de cela, plus de 30 % des adolescents tchèques avouaient avoir déjà expérimenté de la marihuana, la drogue la plus consommée par les jeunes, ils étaient moins de 25 % l'année dernière. Des chiffres à prendre avec des pincettes, certes, mais qui traduisent cependant une réelle évolution selon Viktor Mravcik, responsable du Centre national de monitoring pour les drogues et les dépendances aux drogues :

« C'est une tendance que nous avons relevée au sein de la population adulte depuis 2004, mais qui constitue une nouveauté chez les plus jeunes depuis que nous suivons la problématique des drogues en République tchèque. La situation est donc relativement favorable actuellement, et même si nous avions déjà eu quelques signaux par le passé, c'est la première fois que nous observons une baisse réellement significative également chez les jeunes. »

Le Centre national de monitoring pour les drogues et les dépendances aux drogues est le partenaire tchèque du réseau européen d'information sur les drogues et les toxicomanies (REITOX), un réseau mis en place et soutenu par les gouvernements des 27 Etats membres et l'Union européenne. Sa mission est de rendre compte de la situation en matière de drogues et de préparer des études permettant de prendre les décisions politiques adaptées à la situation tant au niveau national qu'européen.