Economie, UE et crise migratoire au programme de Bohuslav Sobotka en Serbie

Bohuslav Sobotka et Aleksandar Vučić, photo: ČTK

Le premier ministre Bohuslav Sobotka entame ce mardi une visite de deux jours en Serbie avec plusieurs objectifs : intensifier les échanges commerciaux, encourager Belgrade sur la voie d’une adhésion à l’UE et évoquer l’afflux de réfugiés qui traversent les Balkans. Le social-démocrate a d’ailleurs appelé à une réunion des pays du groupe de Visegrád pour adopter une position commune sur le sujet.

Bohuslav Sobotka et Aleksandar Vučić, photo: ČTK
Le chef du gouvernement tchèque connaît déjà la Serbie pour y avoir effectué une visite en décembre 2014. Il faut dire que le pays, dix-huitième partenaire commercial de la Tchéquie, fait partie des objectifs prioritaires de la diplomatie économique tchèque pour la période 2012 – 2020. Bohuslav Sobotka a donc accepté sans broncher l’invitation de son homologue serbe, le conservateur pro-européen Aleksandar Vučić, avec l’idée de poursuivre le travail déjà entamé. Il peut pour cela compter sur la participation de son ministre de l’Industrie et du Commerce Jan Mládek, à la tête d’une délégation de chef d’entreprises, comme lors d’un précédent voyage en mars de cette année.

Prague est par ailleurs depuis longtemps partisan d’une ouverture des négociations d’adhésion avec la Serbie, que Belgrade, qui tente difficilement de normaliser ses relations avec les pays de la région, Kosovo et Albanie en tête, aimerait voir aboutir à l’horizon 2020. Une ouverture qui devrait avoir lieu très prochainement si l’on en croit les récents propos du commissaire européen à l'élargissement, Johannes Hahn. De son côté, Bohuslav Sobotka entend réitérer son soutien à la Serbie dans ce domaine et étudier les moyens de lui venir en aide :

Des migrants en Serbie, photo: ČTK
« Nous voulons fournir une aide et le soutien d’experts pour une consultation dans le cadre de la procédure d'adhésion de la Serbie à l'Union européenne. Nous gardons encore le souvenir vivace de la difficulté de ce processus pour la République tchèque et de la complexité des négociations avec la Commission européenne afin de remplir chaque condition d’adhésion. »

D’après Ivica Dačić, le ministre serbe des Affaires étrangères, les négociations avec l’Europe devraient faciliter la gestion par son gouvernement de la crise migratoire auquel le pays fait face, la plus grande depuis la Seconde Guerre mondiale selon lui. Tandis que les réfugiés - 94 000 ont été enregistrés en transit en Serbie depuis le début de l’année -, se pressent à la frontière avec la Macédoine, le passage vers la Hongrie est désormais singulièrement compliqué depuis la construction par Budapest d’une clôture « anti-migrants ». L’arrivée massive de réfugiés qui suivent la route des Balkans depuis la Grèce, c’est précisément l’autre sujet que veut discuter Bohuslav Sobotka, épaulé sur la question par son ministre de l'Intérieur Milan Chovanec. On écoute ce dernier :

Milan Chovanec, photo: ČTK
« Nous sommes prêts à aider les Serbes. La Serbie est un pays de transit, un pays qui n’envisage pas de construire de clôture comme la Hongrie et qui n’est pas membre de l’espace Schengen. Nous sommes prêts à fournir une aide technique, à partager notre expérience. Nous allons y envoyer des observateurs pour qu’ils constatent si oui ou non la vague de migrants s’amplifie. Nous attendons de voir ce que voudront nos partenaires. »

Le sujet préoccupe tellement Bohuslav Sobotka qu’il a appelé à l’organisation vendredi prochain d’une réunion des dirigeants des pays du groupe de Visegrád, que Prague préside actuellement. La Hongrie, la Pologne, la République tchèque, et la Slovaquie, très réticentes à la proposition de Bruxelles de quotas pour l’accueil des réfugiés, au grand dam d’Etats comme la France, entendent trouver une position commune sur une crise qui suscite crispations et peurs dans ces sociétés.