La libre circulation de la main-d'oeuvre au coeur des discussions entre Philippe Douste-Blazy et les dirigeants tchèques

Philippe Douste-Blazy et Cyril Svoboda, photo: CTK
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Le chef de la diplomatie française était à Prague jeudi et vendredi. Accompagné par la ministre déléguée aux Affaires européennes Catherine Colonna, Philippe Douste-Blazy a rencontré son homologue tchèque, Cyril Svoboda, et le Premier ministre, Jiri Paroubek, qui ont souhaité aborder en priorité le problème de la libre circulation de la main-d'oeuvre en Europe occidentale.

Philippe Douste-Blazy et Cyril Svoboda, photo: CTK
Le ministre français des Affaires étrangères, lors de son passage dans la capitale tchèque, a insisté sur la nécessité de relancer le projet européen et a critiqué à plusieurs reprises le gouvernement britannique pour son attitude pendant les négociations sur le budget de l'UE.

Mais l'ouverture du marché du travail aux ressortissants des nouveaux membres de l'Union a été le principal problème soulevé par ses interlocuteurs tchèques. Selon Cyril Svoboda, les périodes de transition dont peuvent disposer les anciens membres de l'UE pour ouvrir leur marché du travail sont trop longues :

« J'attends du gouvernement français qu'il fasse progresser les choses. Selon nous, il serait juste et bon pour la République tchèque et aussi pour l'UE que le marché du travail soit libéralisé dès le mois de mai prochain, pas seulement en France, mais également dans les autres Etats-membres. Si ce n'est pas possible, il faut qu'il y ait au moins quelques avancées, parce que les Tchèques ne menacent pas le marché du travail français, qui à mon avis est assez solide pour supporter une telle ouverture. »

« Selon moi c'est tout à fait réaliste. Cela dépend surtout de la situation politique dans son ensemble et de la volonté de ces pays, pas seulement de la France - cela ne suffirait pas -, mais aussi d'autres pays. Si cette volonté est commune, cela pourra aboutir. J'en ai parlé avec mes homologues italien et espagnol et j'en parlerai avec le futur ministre allemand des Affaires étrangères, pour leur rappeler à tous que les travailleurs tchèques ne représentent aucune menace ».

Depuis le 1er mai 2004, les Tchèques peuvent travailler sans permis spécial dans seulement trois pays de l'UE (Suède, Grande-Bretagne et Irlande). La France a quant à elle décidé de protéger son marché du travail pour au moins deux années supplémentaires, et certains pays prévoient de prolonger au maximum cette période de transition, jusqu'en 2011.

Interpellé sur le sujet par Cyril Svoboda et Jiri Paroubek, le ministre français a affirmé que la libre circulation était bien une « idée européenne » :

Philippe Douste-Blazy et Cyril Svoboda, photo: CTK
« Il est normal qu'à terme les nouveaux pays puissent avoir les mêmes règles de libre circulation. Pour des raisons de politique intérieure en France, il y a des débats aujourd'hui. Comme nous aimons la République tchèque, comme c'est un pays ami, il est évident qu'on trouvera rapidement des solutions. Mais il faut faire attention aussi à ce ressentiment aujourd'hui, ces peurs, ces inquiétudes sur la construction européenne qui existent en France - la preuve : le referendum négatif -, donc nous sommes en train de travailler. Et le Premier ministre tchèque venant bientôt voir le Président Jacques Chirac, il nous paraît important de réfléchir et de présenter quelques pistes autour de cette visite ».

La libéralisation du marché européen de la main-d'oauvre sera donc à nouveau l'un des principaux sujets de conversations entre MM. Paroubek et Chirac, le 18 octobre prochain à Paris.

Quant à Philippe Douste-Blazy, qui s'est envolé vendredi pour la capitale slovaque, il a été invité à participer aux célébrations du bicentenaire de la bataille d'Austerlitz, en Moravie, le 2 décembre prochain, avec ses homologues russe et autrichien.