La mairie de Paris : une inspiration pour Prague ?

Photo: Jan Rosenauer, ČRo

Cette nouvelle revue de presse se penche d’abord sur les approches différentes de la mairie de Paris et de celle de Prague à l’égard de la circulation automobile et du cyclisme dans leur centre-ville. Elle s’intéresse ensuite à la manière dont les différents Etats ont géré l’épidémie de Covid-19. Autre sujet traité : les récentes cyberattaques contre des établissements sanitaires en Tchéquie et l’identification difficile de leurs auteurs. Quelques mots enfin au sujet d’une prochaine grande exposition d’objets d’art découverts par les égyptologues tchèques.   

Anne Hidalgo, photo: Jacques Paquier, CC BY 2.0

La réélection de la candidate socialiste Anne Hidalgo à la mairie de Paris est susceptible d'intéresser les Pragois qui sont sensibles aux tendances visionnaires et sont prêts à les accepter. C’est ce qu’estime l’auteur d’un article mis en ligne sur le site aktualne.cz :

« Anne Hidalgo ouvre sa ville aux gens qui marchent à pied ou qui utilisent le vélo. Elle va donc à contre-courant de la circulation automobile massive qui pollue et qui occupe une partie importante de l’espace public. Son programme électoral défend une approche qui est foncièrement différente de celle à laquelle les habitants de la capitale tchèque sont habitués. Il s’agit, par exemple, de la volonté de pérenniser les pistes cyclables temporaires. A Prague, se déplacer à vélo est une entreprise risquée, non seulement en raison de la densité de la circulation et du faible réseau de pistes cyclables, mais surtout à cause d’un manque de volonté des automobilistes de respecter les règles. »

« Prague a besoin de quelqu’un à l’image d’Anne Hidalgo, une figure politique déterminée à une vision écologique forte qui, en plus, se rendra au travail à vélo », écrit le commentateur du site aktualne.cz. En même temps, comme il le souligne, il faut des habitants qui, au lieu de se sentir en position exclusive ou privilégiée dans leur voiture, souhaitent un changement.

Le quotidien Deník N a écrit  sur ce même sujet:

« Durant la crise du coronavirus, le vélo est devenu un moyen de transport très fréquent à Prague. Toutefois, en dépit des tendances à l’œuvre dans beaucoup de pays, la mairie de Prague n’a pas mis ce potentiel cycliste en valeur. Au lieu de prendre des mesures radicales en vue du soutien du cyclisme, elle privilégie des changements successifs, justifiant sa politique par les possibilités limitées dont elle dispose. »

Les différentes politiques des Etats face au coronavirus

Photo: Site officiel du Gouvernement tchèque

A quelques mois du début de l’épidémie mondiale de coronavirus, il s’avère que les pays dont les représentants ont écouté les experts, résistant à la tentation de faire de la politicaillerie ou de se présenter comme des leaders omniscients, s’en sont le mieux sortis. C’est du moins ce que prétend dans un texte rédigé pour le site novinky.cz le politologue Jiří Pehe qui précise :

« Les pays qui ont à leur tête des dirigeants populistes pourvus d’un gros ego, les Etats-Unis, le Brésil, l’Inde, la Grande-Bretagne, ont atteint de mauvais résultats dans la lutte contre le coronavirus. Ce constat concerne également nombre de pays autoritaires qui ont manipulé les données statistiques et sous-estimé le danger de la contamination ou qui ont soumis le combat contre l’épidémie à leurs ambitions politiques, comme la Russie, l’Iran ou, au début de la crise, la Chine. D’un autre côté, la Belgique qui a tardé à former un gouvernement central, peut servir d’exemple de comment la politique peut compliquer la lutte contre le virus même dans les pays démocratiques. A noter aussi les hésitations dangereuses de la Pologne en lien avec le report de son élection présidentielle. »

Le politologue estime toutefois que les démocraties européennes et leurs leaders ont dans l’ensemble respecté les recommandations et les arguments des experts. Et de constater que « même le Premier ministre tchèque Andrej Babiš qui, au début, voulait tout diriger pour se faire voir, a finalement réussi à dompter ses instincts populistes. » Ainsi, la Tchéquie a su gérer la première phase de cette crise sanitaire.

La difficile identification des auteurs de cyberattaques

Photo illustrative: B_A/Pixabay, CC0

« L’identité des auteurs de cyberattaques contre des hôpitaux tchèques et d’autres institutions pendant le confinement lors de l’épidémie de Covid-19 n’est pas connue  à ce jour », constate le dernier numéro de l’hebdoamadaire Respekt qui rappelle :

« Ces attaques se sont déroulées en trois vagues. D’abord, avantl’éclatement de la pandémie, les hackers ont paralysé l’hôpital de Benešov, ville située à une quarantaine de kilomètres de Prague. Ensuite, ils ont pris pour cibles l’Hôpital de faculté de Brno, l’établissement psychiatrique de Kosmonosy et plusieurs autres institutions d’Etat. A la mi-avril, l’Office national pour la sécurité cybernétique et informatique a reçu des renseignements sur les préparatifs d’attaques massives contre d’autres établissements sanitaires et d’autres institutions ce qui a permis à ces derniers de s’y préparer et de les prévenir. »

Semer la panique et la peur et fragiliser la confiance de la population vis-à-vis de la capacité des institutions de protéger la santé et les données sanitaires des patients à un moment difficile. Telle semble être, selon le magazine Respekt, la principale motivation de ces cyberattaques. Il écrit également :

« Il est fort probable que l’idendité des hackers ne soit jamais dévoilée, car leurs attaques ont été massives, ingénieusement préparées et uniques à l’échelle mondiale. Leur intensité a réveillé le gouvernement de sa léthargie cybernétique. Désormais, le cabinet, les députés et les sénateurs sont effectivement contraints de percevoir l’univers cybernétique comme une plate-forme particulièrement importante de la défense et de la sécurité du pays. De même, l’enquête menée par la police au sujet des circonstances et du déroulement des attaques a permis de réunir des informations pouvant servir à l’avenir à la protection du réseau cybernétique local. »

Prague prépare une exposition unique d’objets d’art égyptiens

Les trouvailles d’égyptologues tchèques au Musée à Le Caire, photo: Ministère de la Culture

« Les rois du Soleil » est le nom d’une exposition inédite qui présentera les objets d’art découverts par les égyptologues tchèques au cours des 60 dernières années et qui sera inaugurée le 1er septembre à Prague. L’égyptologue Miroslav Bárta, qui participe aux préparatifs de cette exposition grandiose, s’est confié à ce sujet pour l’édition de samedi dernier du quotidien Lidové noviny :

« Je suis persuadé que l’exposition qui sera présentée au Musée National à Prague aura un retentissement dans toute l’Europe et qu’elle va attirer des visiteurs de tous les coins de notre continent. Avec le Château de Prague, le Petit-Jésus de Prague et la Cité juive, elle fera partie des trois ou quatre lieux les plus fréquentés de la capitale. »

Lidové noviny rapporte que l’ouverture de l’exposition prévue initialement pour la saison estivale a dû être reportée à cause de l’épidémie de Covid-19. Il indique également que le déplacement des objets d’art de l’Egypte vers Prague sera suivi et accompagné par des experts égyptiens qui demeureront sur place pendant toute la durée de l’exposition, jusqu’à la mi-février 2021. Le journal rappelle que les égyptologues tchèques entretiennent avec la partie égyptienne des rapports privilégiés et qu’ils bénéficient également, en lien avec les préparatifs de l’exposition « Les rois du Soleil », de conditions exceptionnelles.