La République tchèque et le danger de guerre dans les Balkans

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La situation s'aggrave en Macédoine. Le danger d'une nouvelle guerre, dans cette région des Balkans, devient de plus en plus imminent. Dans quelle mesure la Tchéquie est-elle concernée ? Alain Slivinsky.

On peut dire que ce week-end, elle a été directement concernée. En effet, dans la nuit de samedi à dimanche, un journaliste tchèque et son collègue slovaque se sont retrouvés bloqués au milieu du champ de bataille entre les forces gouvernementales et les rebelles. Ils ont eu, vraiment, beaucoup de chance, revenant sains et saufs dans le centre de Tetovo, après une nuit blanche qu'ils n'oublieront jamais. Ils ont été sauvés par un autre journaliste de la Télévision tchèque qui a réussi, sous les tirs des mortiers, des canons, des mitrailleuses, à les ramener, comme dans un film d'action, à bord d'une voiture et après une course endiablée. Mais cela, c'est un peu les faits divers. Ce qui l'est moins, c'est la tournure que prennent les événements. Ces derniers commencent sérieusement à alarmer la communauté internationale. En effet, les rebelles d'origine albanaise, qui s'infiltrent du Kosovo en Macédoine, affirment qu'ils ne sont pas soutenus par l'ancienne Armée populaire du Kosovo. Pourtant, ils affichent les mêmes revendications d'autodétermination pour tous les Albanais de la région, et même de formation d'un Etat. L'ancien ministre des Affaires étrangères tchèques, Jiri Dienstbier, actuellement rapporteur spécial de l'ONU pour les droits de l'homme en ex-Yougoslavie, affirme : « Il faut comprendre que ces revendications ne sont pas présentées pour l'autonomie, mais pour créer des conditions qui élargiraient les problèmes du Kosovo à toute la région et conduiraient à la formation de la Grande Albanie. Dienstbier critique aussi le fait que l'Armée populaire du Kosovo n'a jamais été complètement désarmée, et que la communauté internationale est maintenant confrontée à ces résultats, qui représentent la menace d'une nouvelle guerre dans les Balkans. Un lourd fardeau repose sur les unités de la KFOR au Kosovo : renforcer au maximum le contrôle de la frontière entre le Kosovo et la Macédoine. Le Conseil de sécurité de l'ONU est prudent : il refuse les actes des extrémistes, constate que ceux-ci sont soutenus de l'extérieur, mais ne cite pas le Kosovo. Le Premier ministre de Macédoine a appelé les pays occidentaux, les Etats-Unis et l'Allemagne surtout, à intervenir contre les terroristes. Sera-t-il entendu ? Car, comme le constate le commentateur du quotidien tchèque, Mlada fronta Dnes, « Il faut agir vite, mais comment ? »