La République tchèque n'est pas muette face aux violences en Biélorussie

Biélorussie, photo: CTK

La situation tendue en Biélorussie rencontre un large écho en Tchéquie, après la répression brutale de la manifestation de samedi à Minsk, la capitale. Le Premier ministre tchèque, Jiri Paroubek, a déclaré que l'opposition avait le droit légitime d'organiser des manifestations. D'après la porte-parole du gouvernement, Lucie Orgonikova, la diplomatie tchèque s'efforce de déclencher une forte critique internationale du régime biélorusse au Conseil de l'Europe et précise :

Le Premier ministre Jiri Paroubek, photo: CTK
« Le Premier ministre, Jiri Paroubek, condamne catégoriquement la répression brutale par les forces de police des manifestations calmes qui ont eu lieu à Minsk. La violence employée démontre que le régime de Loukachenko a peur de la démocratie et de la tolérance, a peur des activités de la société civique. »

Le chef du gouvernement tchèque a aussi proposé que la République tchèque vienne en aide, le plus rapidement possible, aux étudiants des écoles supérieures biélorusses qui seront exclus de leurs facultés en raison de leurs opinions politiques. Beaucoup de personnalités tchèques soutiennent ce projet, comme le sénateur Jiri Zlatuska qui affirme que, dans ce cas, la République tchèque ne peut regarder à la dépense. La porte- parole du gouvernement, Lucie Orgonikova, indique que ce ne sera pas le seul soutien à la Biélorussie :

« Le Premier ministre se tient au courant de l'état de santé des personnes qui ont été blessées, lors de l'intervention brutale de la police contre les manifestants et, si cela s'avérait nécessaire et possible, ces personnes seraient soignées en République tchèque. »

Biélorussie, photo: CTK
De son côté, la presse tchèque, toutes tendances politiques confondues, analyse la situation en Biélorussie en constatant que les manifestations de l'opposition, à la suite des présidentielles, sont peut-être « les premières hirondelles qui feront le printemps ». Les événements actuels pourraient être le présage d'une unification de l'opposition, jusqu'à maintenant assez dispersée, dans une atmosphère de peur générale de la part de la population. Ce printemps biélorusse arrivera-t-il vraiment quand, comme l'affirment certains commentateurs, le régime dictatorial de Lukachenko ne tiendrait pas une semaine sans le soutien de la Russie voisine ? Un printemps biélorusse qui serait bleu denim, la couleur de l'opposition démocratique.