La République tchèque possède 29 monuments culturels nationaux de plus

Château d’Orlik

Le gouvernement vient d’élargir la liste des monuments culturels nationaux qui comprend maintenant 230 châteaux, églises, équipements techniques ou autres, Comme ces monuments culturels sont très recherchés par les touristes, nous en ferons le sujet de notre guide touristique de cette semaine.

L’église de l’Assomption de la Vierge à Velehrad, photo: CzechTourism
Il y avait 29 candidats à l’inscription sur la liste des monuments culturels nationaux et tous ont passé l’examen avec succès. Mais quelles sont donc les conditions à remplir pour devenir un monument culturel national ? La réponse nous est fournie par le porte-parole du ministère de la Culture, Jan Cieslar :

« Les monuments doivent dépasser l’importance régionale par leurs paramètres. Ils doivent documenter les étapes de l’histoire, de la culture et du développement général de la société. Leurs valeurs historiques et artistiques doivent être considérées comme vraiment nationales pour leur rapport envers la nation et la conscience nationale tchèque. »

Quels sont donc les nouveaux monuments culturels nationaux ? Nous allons vous en présenter quelques uns.

Parmi les nouveaux monuments culturels nationaux, il y a un grand nombre de résidences de la noblesse, d’églises, de bâtiments intéressants en raison de leur architecture originale ou d’équipements techniques. L’église de l’Assomption de la Vierge à Velehrad, près de Uherské Hradiště, en Moravie du Nord, n’a pas été choisie par hasard. En effet, c’est l’un des plus importants lieux de pèlerinage en République tchèque qui reçoit des centaines de milliers de visiteurs chaque année. Mais il y a aussi des sanctuaires moins importants, comme l’église Saint-Jacques qui se trouve dans la commune de Jakub (ce qui veut d’ailleurs dire Jacques en tchèque) située non loin de la ville historique de Kutná Hora, en Bohême centrale. Sur la liste des châteaux, celui de Šternberk, dans la région de Benešov, au sud-ouest de Prague, méritait certainement d’y être inscrit. C’est, en effet, l’un des rares châteaux en Bohême qui a conservé son caractère de château fort gothique et qui n’a pas subi de reconstruction. Les châteaux de Kost et Humprech, dans la région de Jičín, en Bohême de l’Est, présentent les mêmes caractéristiques.

Château d’Orlik
Le ministre de la culture, Václav Jehlička, a décidé d’inscrire sur la liste des monuments culturels nationaux le très beau château de son collègue, le ministre des Affaires étrangères, Karel Schwarzenberg. Le château d’Orlik, dont il s’agit, devait être inscrit déjà en 2001 et Karel Schwarzenberg n’a pas résisté à déclarer avec une certaine ironie « qu’il était heureux que le ministère de la Culture ait enfin reconnu la valeur de cette importante construction ». Parmi les monuments de caractère technique, il convient de citer la mine médiévale Jeroným qui se trouve à Čistá, non loin de Sokolov en Bohême du Nord-Ouest, la centrale hydraulique de Třeštín, ou la tour de mine appelée la Tour de la mort et qui se trouve à Ostrov, dans les environs de la ville d’eau de Karlovy Vary.Cette tour rappelle les souffrances des prisonniers politiques dans les années 1950. En architecture, on peut ajouter la Maison nationale de Prostějov ou la villa Lísekà Ostrava en Silésie. Le ministre de la Culture, Václav Jehlička, a déclaré qu’il existe dans 40 000 monuments culturels immobiliers et dans les 50 000 autres en République tchèque. La proclamation d’un monument culturel national est le résultat de l’accord entre l’Etat, les propriétaires, les communes ou les régions. Le ministre de la Culture a encore précisé :

« L’Etat démontre ainsi qu’il accorde un grand intérêt aux régions. Par la proclamation des monuments culturels nationaux, on soutient aussi le développement du tourisme dans des endroits qui sont très souvent oubliés, à l’écart de l’attention d’éventuels promoteurs. »

Il se doit de dire encore que de nouveaux monuments culturels pragois n’ont pas été ajoutés sur la liste. Cela confirme que le gouvernement concentre son intérêt sur les régions délaissées. D’après le ministère de la culture, la capitale possède déjà assez de monuments culturels nationaux. Par contre, il est bien de savoir qu’aujourd’hui, même le site archéologique de Dolní Věstonice en Moravie où a été découverte la célèbre Vénus préhistorique du même nom est devenu un monument culturel national. L’inscription sur la liste de ces monuments peut encore beaucoup aider les administrateurs de ceux-ci, comme par exemple de l’église de pèlerinage de l’Assomption de la Vierge à Velehrad dont nous avons déjà parlé. Ils pourraient avoir un accès plus facile aux moyens financiers des fonds européens pour la rénovation de la basilique. A ce propos, le conseiller régional pour la culture et le tourisme de la région de Zlin, Jindřich Ondruš :

« Le calendrier des travaux est en cours d’élaboration, car la liste des projets est relativement ouverte. Nous pensons que si l’entrée en vigueur de l’inscription sur la liste des monuments culturels nationaux a lieu au début du mois de juillet, nous serons en mesure de présenter notre première demande de financement aux fonds de l’Union européenne. Ensuite, d’autres demandes de financements pourront être présentées progressivement. »

Comment obtenir des moyens financiers des fonds européens ? C’était le thème d’une rencontre des représentants de 120 villes et communes historiques de la République tchèque, mardi dernier à Rychnov nad Kněžnou. On écoute l’adjoint au maire de cette ville de Bohême de l’Est, Miroslav Richter :

Château de Šternberk, photo: CzechTourism
« C’est une importante occasion pour toutes les villes qui sont membres de l’Union des villes historiques tchèques. Elles peuvent apprendre à mieux connaître la problématique du financement des monuments historiques, car c’est un sujet qui cause des soucis à tous les maires. »

Aider au financement mais aussi réaliser la promotion des monuments historiques de plus ou moins grande importance, c’est aussi l’objectif de leur inscription sur la liste des monuments culturels nationaux. Ainsi donc, ils occuperont une meilleure place dans les guides touristiques internationaux, ce qui leur attirera aussi un plus grand nombre de visiteurs. D’un autre côté, cela apporte aussi quelques préoccupations pour les propriétaires, comme le dit le comte Zdeněk Šternberk, propriétaire du château du même nom dont nous avons parlé au début de notre rubrique. Pour lui, c’est une satisfaction, mais cela apportera aussi des complications, car il sera un peu limité dans l’exercice de ses droits de propriété. Dans le cas de travaux par exemple, il devra avoir l’accord de l’Office de la protection des monuments historiques. Qu’importe… Le principal est que la valeur de son château soit officiellement reconnue. Et c’est ainsi que pense la majorité des propriétaires des 29 nouveaux monuments culturels nationaux, que nous vous invitons sincèrement à visiter, car ils en valent la peine.

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