La ville d'eau de Kynzvart

Kynzvart, photo: Václav Žmolík
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Aujourd'hui je vous invite à Kynzvart, en Bohême de l'Ouest, réputé non seulement pour son château Empire portant de nombreuses traces de Napoléon Bonaparte dont je vous ai parlé dans une de nos rubriques précédentes, mais aussi en tant que ville d'eau spécialisée dans le traitement des maladies respiratoires et de la peau des enfants.

Kynzvart
La ville de Kynzvart est reconnue depuis 1822 comme lieu de traitement des maladies respiratoires, allergiques, des organes locomoteurs et autres. Dans la première moitié du XXe siècle, elle jouissait d'une grande réputation : les séjours de personnalités marquantes dont le prince de Galles Edward, des membres de la famille impériale nipponne, et d'autres l'ont rendu célèbre. L'histoire de Kynzvart est toutefois beaucoup plus ancienne : elle remonte à la deuxième moitié du XIIIe siècle, lorsque le roi des Premyslides, Otakar II, a fait ériger un château sur un éperon abrupt. Depuis 1623, une vieille famille aristocratique rhénane Metternich s'est installée à Kynzvart, restant le propriétaire du domaine jusqu'à 1945. Et c'est à la famille Metternich que la ville doit la fondation des bains, dit leur directrice Hana Hruskova :

« Les premières mentions écrites sur les sources d'eau minérales datent de 1454, mais pendant de longs siècles, elles sont restées inexploitées. En 1822, le prince Metternich, chancelier à la cour autrichienne, a invité à Kynzvart le chimiste suédois Berselius, alors en séjour en cure à Karlovy Vary. Après avoir analysé les 16 sources locales, Berselius a établi que 6 d'entre elles ont des effets curatifs. On a commencé à capter cette eau et à la distribuer dans tout le pays, mais les débuts étaient assez amateurs : les récipients céramiques peu convenables risquaient de détériorer la qualité de l'eau ainsi que la bonne réputation des sources, alors on y a renoncé, après 1822. »

Kynzvart, photo: Václav Žmolík
Actuellement, une source d'eau minérale est accessible au grand public : les habitants de la ville ainsi que ses visiteurs peuvent remplir à volonté leurs bouteilles directement à la source, contre une somme symbolique de 10 couronnes. Quelles sont les qualités de cette eau ? On écoute Hana Hruskova :

« Pendant un certain temps, l'eau minérale de Kynzvart portait l'attribut d'acier, du fait sans doute de sa grande durabilité. Après 1856, cette eau a été transportée vers l'Europe entière. De cette année-là date la construction des premiers établissements de bain qui ont donné à Kynzvart le cachet d'une station thermale reconnue. Dans le livre de curistes de 1899 nous lisons que la clientèle était très marquante et aussi que Kynzvart était l'une des villes d'eau les plus chères, à l'époque. La reconstruction des sources et l'édification des premiers établissements des bains sont liées à la personne du professeur Jäger. »

Kynzvart, photo: Václav Žmolík
Des quatre sources d'eau minérales exploitées aujourd'hui, deux jaillissent droit au milieu du complexe des bains. La première, appelée Richard, qui était autrefois exportée en Europe, est utilisée notamment en tant que cure de boisson, l'autre portant un nom de femme, Helena, est destinée aux bains, non seulement de la peau, mais aussi de la muqueuse nasale. Les effets anti-inflammatoires de cette source sont dus aux grandes concentrations de calcium et de sodium. La ville d'eau de Kynzvart est spécialisée dans le traitement des enfants souffrant de troubles respiratoires et d'affections cutanées. Les patients adultes ne séjournent en cure à Kynzvart depuis 1950. La directrice des bains explique :

« Par leur spécialisation dans le traitement des enfants, les établissements de bain de Kynzvart sont uniques du genre en République tchèque et, j'ose dire, à l'échelle européenne, ce qui nous a été confirmé par des médecins de nombreux pays européens venus au récent congrès international du thermalisme à Karlovy Vary. En 1950, une grande épidémie de coqueluche a éclaté à Prague : le ministère de la Santé a alors cherché un établissement où les enfants pourraient passer un séjour de convalescence et le choix est tombé sur Kynzvart. L'effet d'un séjour de deux mois était excellent, quoi que les enfants n'aient subi qu'une cure de climatothérapie. C'est alors qu'il s'est confirmé ce que Metternich et sa société savante savaient déjà en 1822, à savoir que les conditions climatiques de cet endroit ont un caractère vraiment spécifique. »

Depuis 1950 donc, Kynzvart n'accueille que les petits patients. Quels sont les résultats du traitement, est-ce qu'une histoire de guérison miraculeuse s'attache à la ville ?

La forêt Slavkovsky, photo: Stephan Loh / Creative Commons 3.0 Unported
« Nous n'avons pas de tels témoignages, sauf que, les résultats de nos traitements sont à eux seuls le plus grand miracle. Ce que les médecins réussissent à faire pendant un séjour en cure complexe d'enfants souffrants d'eczéma atopique et de psoriasis graves, je le considère comme un vrai miracle. Chaque année, nous accueillons entre 1800 et 2000 enfants. Selon nos statistiques, 73% d'entre eux quittent Kynzvart dans un état de santé considérablement amélioré. »

A part le château Empire dont nous avons parlé dans nos rubriques précédentes, les visiteurs de Kynzvart peuvent faire des promenades dans la nature, l'une des plus pures, de la forêt Slavkovsky. Un sentier touristique conduit à travers la réserve naturelle de la forêt, jusqu'au village voisin de Kladska, réputé pour son lac, ses tourbières et son château de chasse romantique édifié en 1875 par le comte Schönburg-Waldenburg dans le style de chalets montagnards helvétiques.

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